Les inégalités territoriales dans l’accès aux soins podologiques en France

La podologie, spécialité paramédicale, se consacre à l’étude et au traitement des affections du pied, des membres inférieurs, de l’appareil locomoteur et de la posture. Son rôle dépasse largement les soins de pédicurie de base, englobant le diagnostic et la prise en charge d’un large éventail de pathologies, y compris celles associées à des maladies systémiques telles que le diabète. La santé podologique est un déterminant essentiel du bien-être général, de la mobilité et de l’autonomie, revêtant une importance cruciale pour les populations vulnérables, notamment les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques.

La portée étendue de la podologie, qui traite des problématiques allant du pied jusqu’à l’équilibre postural global, signifie que les obstacles à l’accès à ces soins peuvent engendrer des conséquences négatives en cascade. Ces répercussions affectent la qualité de vie des individus, leur capacité à participer aux activités quotidiennes et même leur aptitude à gérer d’autres affections chroniques. En effet, une mobilité réduite due à des problèmes podologiques non traités peut entraver la pratique d’activités physiques recommandées pour la gestion du diabète ou des maladies cardiovasculaires. Ainsi, garantir un accès équitable aux soins podologiques ne relève pas d’une préoccupation de niche, mais constitue un impératif de santé publique.

Comprendre les inégalités territoriales de santé dans le contexte français

Les inégalités territoriales de santé se définissent comme des disparités d’état de santé et d’accès aux soins qui sont liées à la localisation géographique. Ces disparités sont fréquemment intriquées avec des facteurs sociaux, économiques et environnementaux. Elles peuvent se manifester par des difficultés spécifiques d’accès aux soins, telles que l’éloignement géographique, une faible densité locale de professionnels de santé, ou encore par des variations dans l’offre de services de santé.

Le système de santé français, bien que fondé sur le principe d’« égal accès de chaque personne aux soins » inscrit dans le Code de la santé publique, est confronté à la persistance de telles disparités. La pandémie de COVID-19 a d’ailleurs cruellement mis en lumière l’impact des déterminants sociaux sur l’état de santé des populations et a exacerbé les inégalités préexistantes. Ces inégalités territoriales ne sont pas simplement une question de répartition des ressources ; elles reflètent des problématiques systémiques plus profondes où le lieu de résidence peut devenir un indicateur d’une accumulation de désavantages – pauvreté, exposition à des nuisances environnementales, moindre disponibilité des services – créant ainsi un cercle vicieux de vulnérabilité. L’analyse de ces inégalités met en évidence que des processus multiples peuvent se combiner, incluant des facteurs environnementaux délétères et une concentration de déterminants sociaux défavorables (pauvreté, cadre de vie dégradé, habitat insalubre) qui se renforcent mutuellement.

Le paysage des soins podologiques en france

La pédicurie-podologie est une profession paramédicale dont les praticiens, les pédicures-podologues, diagnostiquent, traitent et préviennent les affections liées au pied. Ils conçoivent également des orthèses plantaires (semelles) et jouent un rôle important dans la prise en charge de patients atteints de maladies systémiques, notamment le diabète. La profession est réglementée et son exercice requiert l’obtention d’un Diplôme d’État après trois années d’études dans l’un des instituts de formation reconnus en France. L’inscription au tableau de l’Ordre National des Pédicures-Podologues (ONPP) est une condition indispensable à l’exercice.

Le cadre légal, notamment l’article L4322-1 du Code de la santé publique, définit le rôle des pédicures-podologues, qui inclut le diagnostic et le traitement d’affections ne relevant pas d’une intervention chirurgicale. L’ONPP veille au respect de la déontologie, qui encadre les droits des patients à l’information, au respect, à la non-discrimination et à des soins appropriés. La dualité de la profession – la pédicurie s’intéressant aux soins de la peau et des ongles, la podologie se concentrant sur la fonction du pied et les orthèses – ainsi que ses capacités diagnostiques reconnues impliquent que des limitations d’accès peuvent affecter tant le soulagement symptomatique immédiat que les soins fonctionnels et préventifs à long terme. Un défaut d’accès aux soins de pédicurie peut entraîner des infections non traitées ou des affections unguéales douloureuses, impactant le confort et la mobilité. Parallèlement, un accès restreint à la podologie peut signifier des troubles biomécaniques non corrigés, l’absence d’orthèses nécessaires ou des diagnostics manqués concernant des problèmes sous-jacents, comme les signes précoces de complications du pied diabétique. Les inégalités territoriales touchent donc un large spectre de besoins, allant des problèmes aigus à la gestion chronique et à la prévention des pathologies du pied.

Profil démographique et répartition géographique des pédicures-podologues

Fin 2022, la France comptait 14 359 pédicures-podologues en activité. Ce nombre a légèrement fluctué pour atteindre 14 208 professionnels actifs inscrits au tableau de l’Ordre au 31 décembre 2023, sur un total de 15 023 inscrits. Ces chiffres témoignent d’une profession globalement en croissance, comme l’indiquaient déjà des données antérieures. L’exercice libéral est très majoritaire, représentant 95,6 % des praticiens, avec 14 061 professionnels en activité libérale exclusive en 2023. La profession est fortement féminisée, avec environ 66-67 % de femmes, soit 9 482 femmes en activité en 2022. L’âge moyen des praticiens se situe autour de 40 ans. En 2016, 37 % avaient moins de 35 ans, 39 % entre 35 et 49 ans, et 24 % entre 50 et 64 ans. L’outil PODEMO V2 de l’ONPP offre des données d’âge plus récentes.

La répartition géographique des pédicures-podologues sur le territoire français est inégale. La densité nationale moyenne était de 16 pour 100 000 habitants en 2015/2016. Des données de la DREES de 2013 montraient déjà des variations départementales considérables, allant de 4,1 à 33,7 pour 100 000 habitants. L’ONPP utilise en 2023 un seuil de 25 pour 100 000 habitants comme indicateur d’offre de soins. Les données disponibles pour les DROM-COM en 2023, rapportées à leurs populations respectives, illustrent ces disparités.

Densité des pédicures-podologues (pour 100 000 habitants) dans les drom-com – données 2023

Région/DROM-COMNombre de Pédicures-Podologues (2023)Population (2023)Densité pour 100 000 habitants (2023)Comparaison (Moyenne nationale 2016: 16/100k ; Seuil ONPP 2023: 25/100k )
Guadeloupe108376 517 1728,7Supérieure aux deux seuils
Martinique87346 002 1825,1Conforme au seuil ONPP, supérieure à 2016
Guyane31301 099 1910,3Inférieure aux deux seuils
La Réunion197873 100 2022,6Inférieure au seuil ONPP, supérieure à 2016
Mayotte15316 015 214,7Très inférieure aux deux seuils

Note : Les calculs de densité sont basés sur les données de population fournies.

Ces chiffres montrent une concentration des professionnels dans les grands pôles urbains et sur les communes du littoral, comme observé en Pays de la Loire, tandis que des densités plus faibles persistent dans l’est et le centre de la France métropolitaine, ainsi que dans certains DROM. L’indice de Gini pour les pédicures-podologues était de 0,2 en 2013, suggérant une inégalité de répartition relativement moins marquée que pour les orthoptistes (0,3) et stable entre 2000 et 2013. Néanmoins, des rapports régionaux plus récents continuent de souligner des variations interdépartementales significatives.

La croissance continue du nombre absolu de pédicures-podologues pourrait masquer la persistance, voire l’aggravation, des inégalités relatives de distribution. Bien que la densité moyenne nationale puisse s’améliorer, des territoires spécifiques, en particulier les zones rurales et certains DROM-COM comme la Guyane et Mayotte, demeurent notablement sous-dotés. Cette situation s’explique par le fait que l’augmentation globale du nombre de professionnels ne se traduit pas automatiquement par une répartition équitable, les facteurs influençant les choix d’installation tendant à perpétuer ces déséquilibres.

De plus, la prédominance de l’exercice libéral (environ 96 %) engendre une distribution influencée par les forces du marché. Les praticiens tendent naturellement à s’installer dans des zones perçues comme ayant une demande plus forte ou une meilleure capacité de paiement des patients. Cela peut laisser les zones moins attractives économiquement ou à faible densité de population avec des déficits structurels en matière d’offre de soins. Une plus grande proportion de professionnels salariés au sein de structures de santé publique, stratégiquement implantées dans les zones sous-dotées, pourrait potentiellement atténuer ce phénomène. L’insuffisance de postes salariés dont la localisation serait déterminée par des impératifs de santé publique, plutôt que par les seules forces du marché, constitue un facteur structurel contribuant aux inégalités territoriales.

Caractéristiques clés des pédicures-podologues en france (2022/2023)

CaractéristiqueDonnées
Nombre total de professionnels en activité (2023)14 208
Pourcentage de femmes en activité (2022)66,0 %
Pourcentage en exercice libéral exclusif (2023)99,0 %
Pourcentage en exercice salarié exclusif (2023)1,0 %
Pourcentage en exercice mixte (2023)2,0 %
Âge moyenEnviron 40 ans
Répartition par âge (2016)<35 ans: 37 %; 35-49 ans: 39 %; 50-64 ans: 24 %

Les facteurs influençant les choix d’installation des pédicures-podologues

Les décisions d’installation des pédicures-podologues résultent d’une interaction complexe de facteurs. Les considérations de marché jouent un rôle prépondérant : la densité des professionnels déjà établis, l’âge des praticiens locaux (offrant des perspectives de reprise de patientèle), la densité et la structure d’âge de la population (les personnes âgées étant de grands consommateurs de soins podologiques), ainsi que le niveau de revenus de la population locale sont scrutés. Historiquement, la proximité des instituts de formation a également favorisé des densités plus élevées dans certaines zones, bien que des régions sans institut de formation, comme le Centre-Val de Loire, voient leurs étudiants se former majoritairement en Île-de-France.

Les facteurs personnels, tels que la proximité familiale ou les préférences de cadre de vie (attrait pour les zones littorales, par exemple), pèsent aussi dans la balance. L’environnement professionnel et les infrastructures disponibles sont également déterminants : l’accessibilité des locaux (transports, stationnement, normes pour personnes à mobilité réduite), la possibilité de partager des locaux avec d’autres professionnels de santé, et le dynamisme socio-économique local sont pris en compte. Enfin, les aspects financiers, notamment le coût d’établissement d’un cabinet (investissement initial estimé entre 30 000 € et 100 000 €, avec environ 20 000 € pour les équipements) et la disponibilité d’aides financières influencent ces choix.

Ces choix d’installation, étant le fruit d’un arbitrage entre opportunités professionnelles, viabilité économique et préférences personnelles, tendent naturellement, en l’absence d’incitations fortes et ciblées ou d’un secteur salarié plus développé, à favoriser les concentrations dans les zones jugées plus « attractives » – souvent urbaines ou économiquement avantagées. Ce phénomène perpétue les disparités existantes. Le coût élevé de l’installation rend d’autant plus crucial le choix d’un lieu où le retour sur investissement semble assuré. L’absence, dans les documents consultés, de détails sur des dispositifs incitatifs spécifiques et convaincants pour l’installation des pédicures-podologues en zones sous-dotées, contrairement à ce qui existe pour les médecins, suggère une lacune politique potentielle dans la promotion d’une distribution équitable pour cette profession.

Dimensions et manifestations des inégalités territoriales dans l’accès aux soins podologiques

La densité des pédicures-podologues révèle une « fracture podologique » marquée sur le territoire français. Les données régionales, comme celles des Pays de la Loire, montrent des densités significativement plus élevées dans les grands pôles urbains et les communes littorales par rapport aux zones périurbaines et rurales. Cette tendance est corroborée par des observations plus générales concernant d’autres professions en Île-de-France. Des variations importantes existent également entre les départements d’une même région, illustrées par l’exemple de la Loire-Atlantique et de la Mayenne. Les DROM-COM présentent des situations particulièrement préoccupantes, avec des densités très faibles en Guyane et à Mayotte (calculées à 10,3 et 4,7 pour 100 000 habitants respectivement en 2023), confirmant les observations antérieures de densités généralement plus basses dans les DROM.

Concernant les temps et distances d’accès, les données spécifiques à la podologie sont rares. Cependant, les études générales sur l’accès aux spécialistes indiquent que les populations rurales sont confrontées à des temps de trajet plus longs ; par exemple, 10 % des Français résident à plus de 25 minutes d’un spécialiste. La DREES utilise des indicateurs comme l’Accessibilité Potentielle Localisée (APL) qui intègrent la distance et l’activité des praticiens. L’IRDES note que le temps de trajet moyen pour voir un spécialiste se situe entre 18 et 20 minutes, mais ce chiffre peut être considérablement plus élevé dans les zones rurales à faible densité.

Cette « fracture podologique » ne se limite pas à une simple question de nombre de praticiens, mais concerne aussi le type de territoire. Les zones urbaines et littorales, souvent plus dynamiques économiquement et abritant des populations plus âgées et potentiellement plus aisées, attirent davantage de pédicures-podologues. Cela crée un déséquilibre au détriment des zones plus isolées, rurales, ou économiquement défavorisées, y compris certains DROM-COM. Les facteurs influençant l’installation, tels que la recherche de zones à forte concentration de personnes âgées ou à revenus plus élevés, concordent avec cette répartition observée.

Un constat important est l’absence de données nationales spécifiques, publiées régulièrement, sur les temps de trajet et l’APL pour la podologie, contrairement à ce qui existe pour certaines spécialités médicales. Cette lacune dans les données entrave une quantification précise et continue des barrières géographiques d’accès pour cette profession. Par conséquent, la problématique pourrait être moins visible pour les décideurs politiques, et la mise en place d’interventions ciblées plus complexe. Sans ces indicateurs spécifiques, il est difficile d’évaluer pleinement l’ampleur du problème et de suivre l’efficacité des mesures correctrices.

L’accès financier : coûts, remboursements et reste à charge

Le coût d’une consultation chez un pédicure-podologue varie généralement entre 30 et 50 euros. Les tarifs conventionnels de l’Assurance Maladie fixent les actes de prévention (POD) à 30,00 € en métropole et 31,50 € dans les DROM et à Mayotte. La lettre clé AMP, d’une valeur de 0,63 €, sert de base au calcul du tarif de certains actes spécifiques mais ne correspond pas au coût d’une consultation générale.

Un régime de remboursement spécifique existe pour les patients diabétiques. Si la prise en charge des séances de prévention pour les patients à risque podologique de grade 1 était recommandée par la HAS en 2018 mais non couverte à l’époque, les patients de grade 2 bénéficient de 4 séances annuelles prises en charge à 100 %, et ceux de grade 3 de 6 séances (voire 8 en cas de plaie en cours de cicatrisation) également remboursées intégralement. La séance initiale d’évaluation (POD) a été revalorisée à 32 € (contre 27 € auparavant) et peut être facturée même si le patient n’est finalement pas éligible aux séances suivantes du forfait (au tarif de 27 € dans ce cas).

Pour le grand public non diabétique, l’Assurance Maladie ne rembourse généralement pas les consultations, sauf pour des affections spécifiques ou sur prescription médicale pour certains dispositifs. Les semelles orthopédiques sont remboursées à hauteur de 60 % d’un tarif de base qui varie selon la pointure (par exemple, 14,43 € par semelle pour une pointure supérieure à 37), avec une paire remboursée par an pour les adultes. Cependant, le coût réel des orthèses peut être bien plus élevé, ce qui engendre un reste à charge (RAC) conséquent pour le patient. Les assurances santé complémentaires (mutuelles) peuvent couvrir une partie de ce RAC, mais leur prise en charge varie considérablement selon les contrats. Pour les patients diabétiques bénéficiant des séances prises en charge, les mutuelles couvrent le ticket modérateur éventuel.

Le poids du RAC est donc significatif pour les patients non diabétiques nécessitant des soins courants ou des orthèses. Pour les soins de ville dispensés par les auxiliaires médicaux, le ticket modérateur est de 40 % du tarif conventionnel, et le financement direct par les patients (hors mutuelle) s’élève en moyenne à 11,6 %. Pour les personnes en situation de handicap, le RAC peut être très important et constituer un motif de renoncement aux soins. La réforme « 100 % Santé », qui vise à réduire le RAC pour les soins dentaires, optiques et audiologiques, ne couvre pas la podologie, ce qui laisse supposer que le RAC en podologie demeure une problématique majeure.

Le système de remboursement actuel en podologie instaure de fait un accès à deux vitesses : une couverture relativement bonne pour les patients diabétiques de grade 2 et 3, mais des barrières financières importantes pour la population générale et même pour les diabétiques de grade 1. Cette situation peut entraîner des retards dans les soins préventifs et une aggravation des pathologies. Le fait que la HAS ait recommandé dès 2018 l’extension de la prise en charge aux diabétiques de grade 1 en raison d’un impact positif, sans que cela soit immédiatement suivi d’effet, souligne une lacune dans le financement des soins préventifs.

L’exclusion de la podologie des réformes majeures telles que le « 100 % Santé », qui ciblent pourtant les secteurs à fort RAC, indique une priorité politique moindre accordée à la réduction des barrières financières dans ce domaine par rapport aux soins dentaires, optiques et audiologiques. Cette omission contribue vraisemblablement à la perpétuation des inégalités, en particulier pour les ménages à faibles revenus et ceux ne disposant pas d’une assurance complémentaire santé très couvrante. Le non-recours aux soins pour raisons financières risque ainsi de perdurer, aggravant des problèmes de santé que des soins podologiques précoces auraient pu prévenir ou atténuer.

Coûts indicatifs et scénarios de remboursement pour des services de podologie en france

ServiceCoût Indicatif TypiqueTarif de Base Assurance MaladieRemboursement Assurance MaladieReste à Charge Indicatif (avant mutuelle)
Consultation standard (non-diabétique)30 € – 50 € 2, 44 €Non applicable (généralement non remboursé)0 €30 € – 50 €
Consultation de soins (patient diabétique grade 2/3, dans le cadre du forfait)N/A (pris en charge)POD 1 = 30,00 €100 % (pour les séances du forfait)0 €
Paire d’orthèses plantaires (adulte)Ex: 105 € (orthèses seules dans un forfait à 165 €)Base par semelle (> pt 37) : 14,43 € ; Paire : 28,86 €60 % de 28,86 € = 17,32 €Ex: 105 € – 17,32 € = 87,68 € (pour les orthèses seules) ou 165 € – 17,32 € = 147,68 € (pour le forfait)

Note : Les coûts et restes à charge sont indicatifs et peuvent varier. Le remboursement des mutuelles n’est pas inclus ici.

L’accès temporel : les délais d’attente pour les services podologiques

Les données générales sur les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous médical en France montrent une tendance à l’allongement, que ce soit pour les médecins généralistes ou certains spécialistes comme les ophtalmologistes. Une étude de 2024, basée sur les données de la plateforme Doctolib, indique des délais médians de 3 jours pour un médecin généraliste, 7 jours pour un pédiatre, 36 jours pour un dermatologue et 42 jours pour un cardiologue. Cependant, la podologie n’est pas spécifiquement mentionnée.

De manière significative, l’enquête « Délais d’attente » menée par la DREES, une source majeure d’information sur cette thématique, exclut explicitement les rendez-vous auprès des auxiliaires médicaux, catégorie à laquelle appartiennent les pédicures-podologues. Par conséquent, il n’existe pas de données nationales systématiques issues de cette enquête concernant les délais d’attente pour consulter un pédicure-podologue. Les informations spécifiques sur les délais d’attente en podologie sont largement absentes des documents de recherche fournis. Une référence à des délais d’accès de « 2 à 6 mois en moyenne » concerne l’accès à des formations en podologie et non les délais pour obtenir un rendez-vous patient.

Ce manque important de données nationales systématiques sur les délais d’attente pour les soins podologiques constitue une lacune critique. Sans ces informations, il est difficile d’évaluer si l’accès temporel est une composante majeure de l’inégalité territoriale pour cette profession, d’identifier d’éventuels goulots d’étranglement, ou de mesurer l’impact de toute intervention visant à améliorer la rapidité de la prise en charge. Alors que les dimensions géographiques et financières des inégalités d’accès sont documentées, l’ampleur de la contribution des délais d’attente à ces inégalités en podologie demeure largement méconnue. Cette absence de données rend plus ardue l’élaboration d’une image complète des barrières à l’accès et la conception de solutions exhaustives.

Déterminants des inégalités d’accès aux soins podologiques

Les caractéristiques socio-économiques des territoires et de leurs habitants jouent un rôle déterminant dans l’accès aux soins podologiques. Dans les zones marquées par de faibles revenus et la précarité, la capacité des habitants à financer des soins peu ou mal remboursés est réduite. Le cumul de la pauvreté et de la précarité est souvent associé à des conditions de vie défavorables et à des inégalités de santé plus larges. Les zones rurales, caractérisées par une faible densité de population, peuvent s’avérer moins attractives pour les professionnels libéraux qui recherchent une base de patients suffisamment large pour assurer la viabilité de leur activité. Si le vieillissement de la population dans certaines régions peut accroître la demande de soins podologiques, cette demande ne se traduit pas nécessairement par un accès facilité si elle est concomitante de faibles niveaux de revenus, l’obstacle financier demeurant prépondérant.

Ces facteurs socio-économiques créent une situation paradoxale : les territoires défavorisés peuvent présenter des besoins accrus en soins podologiques, en raison des liens établis entre la pauvreté, les maladies chroniques (comme le diabète, plus fréquent en situation de précarité) et les problèmes de pieds associés. Simultanément, ces mêmes territoires disposent de moins de ressources, tant au niveau individuel pour payer les soins qu’au niveau collectif pour attirer et maintenir une offre de services suffisante. Les praticiens libéraux tiennent compte du niveau de revenu local lors du choix de leur lieu d’installation. Par conséquent, les zones à forte défaveur socio-économique peuvent cumuler un besoin élevé et une faible demande effective (capacité à payer), ce qui les rend moins attractives pour l’installation de cabinets et aggrave les inégalités de santé.

Organisation du système de santé et politiques spécifiques relatives à la podologie

L’organisation même du système de santé et les politiques (ou leur absence) spécifiques à la podologie sont des moteurs clés des inégalités territoriales observées. La prédominance du modèle d’exercice libéral chez les pédicures-podologues conduit à une répartition des professionnels largement dictée par les forces du marché plutôt que par une planification basée sur les besoins de santé des populations. Le système de remboursement par l’Assurance Maladie, qui limite la prise en charge des soins pour les patients non diabétiques et offre un remboursement partiel et souvent insuffisant pour les orthèses plantaires, constitue une barrière financière significative pour une large partie de la population.

De plus, il n’apparaît pas dans les sources de dispositifs d’incitation financière spécifiques et robustes, comparables à ceux existant pour certaines professions médicales, pour encourager l’installation des pédicures-podologues dans les zones sous-dotées. Si des aides générales comme celles liées aux Zones de Revitalisation Rurale (ZRR) peuvent exister, l’absence de contrats d’aide à l’installation ou au maintien vers les podologues par l’Assurance Maladie limite les leviers pour corriger la répartition géographique. Le nombre d’instituts de formation (historiquement soumis à un numerus clausus, aujourd’hui à des capacités d’accueil limitées) influence l’offre globale de professionnels, et leur implantation géographique peut également jouer sur les schémas d’installation initiaux des diplômés. Ainsi, la structure actuelle du système de soins et les politiques encadrant la podologie (forte proportion de libéraux, remboursement général limité, absence d’incitations fortes à l’installation en zones déficitaires) contribuent activement aux inégalités territoriales, au lieu d’être de simples facteurs contextuels.

Dynamiques professionnelles : filières de formation, attractivité des régions

Le parcours des pédicures-podologues, de la formation à l’installation, ainsi que l’attractivité variable des régions, contribuent également aux déséquilibres territoriaux. Le nombre limité d’instituts de formation en France (14 établissements) signifie que les nouveaux professionnels émergent de points géographiques spécifiques, et la proximité de ces instituts peut influencer la densité de praticiens. Les jeunes diplômés peuvent être enclins à s’installer près de leur lieu de formation ou dans des zones perçues comme offrant de meilleures opportunités professionnelles et personnelles.

Le choix du lieu d’exercice est fortement influencé par la qualité de vie perçue, l’environnement professionnel et les perspectives économiques. Le revenu moyen des pédicures-podologues libéraux peut varier significativement d’une région à l’autre, ce qui impacte l’attractivité. Par exemple, les revenus peuvent être plus élevés à Paris que dans des régions comme l’Auvergne. Les régions offrant de meilleures aménités, un tissu économique plus fort ou un attrait particulier (zones urbaines, littorales) exercent une attraction naturelle sur les professionnels. Cette dynamique tend à canaliser les pédicures-podologues vers certaines zones, renforçant souvent les concentrations existantes, à moins que des politiques actives ne viennent contrer cette tendance.

Conséquences d’un accès inéquitable aux soins podologiques

Impact sur les groupes vulnérables

Les inégalités d’accès aux soins podologiques ont des répercussions particulièrement graves sur les groupes les plus vulnérables de la population.

  • Les personnes âgées sont au premier plan. Les pédicures-podologues jouent un rôle central dans la prévention des chutes, un enjeu majeur de santé publique. Un défaut d’accès à ces soins peut signifier des douleurs aux pieds non traitées, des troubles de l’équilibre non corrigés ou un chaussage inadapté, autant de facteurs contribuant aux chutes. Celles-ci sont responsables de 9 000 décès par an et de 450 000 admissions aux urgences chez les plus de 65 ans. Au-delà des chutes, les problèmes de pieds non pris en charge peuvent sévèrement limiter la mobilité des personnes âgées, conduisant à une perte d’autonomie, à l’isolement social et à une dépendance accrue. Les soins podologiques contribuent au maintien de la capacité de marche et donc de l’indépendance.
  • Pour les patients diabétiques, les conséquences d’un accès insuffisant sont également critiques. Le diabète accroît le risque de complications podologiques graves telles que la neuropathie, l’artériopathie et les ulcères du pied. Un dépistage podologique régulier et des soins préventifs sont donc essentiels. Un manque d’accès à ces soins, en particulier pour les patients à risque de grade 0 et 1 où le remboursement pose problème, peut mener au développement ou à l’aggravation de lésions, avec un risque accru d’ulcération et d’amputation. En 2011, plus de 11 000 amputations ont été recensées chez les patients diabétiques et les personnes en situation de précarité atteintes de diabète présentent des taux d’amputation plus élevés. La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande un dépistage podologique annuel pour tous les patients diabétiques et une prise en charge dès le grade 0 pour ceux de plus de 60 ans. Les inégalités d’accès compromettent l’application de ces recommandations.
  • Les personnes en situation de précarité subissent un cumul de désavantages. La pauvreté et la précarité sont associées à des taux plus élevés de maladies chroniques, y compris le diabète. Les barrières financières à l’accès aux soins podologiques, notamment le reste à charge élevé, exacerbent ces problèmes. Ces populations connaissent souvent un recours tardif aux soins, ce qui se traduit par des besoins plus urgents lorsqu’une consultation a finalement lieu. Ce schéma s’applique vraisemblablement aux affections podologiques. Elles peuvent également manquer d’accès à des informations préventives et à des conseils d’hygiène de base que les pédicures-podologues sont à même de fournir.

Pour ces groupes vulnérables, un accès inéquitable à la podologie n’est pas une simple gêne, mais un facteur direct d’événements de santé graves (chutes, amputations), d’une dégradation de la qualité de vie et d’une augmentation des coûts de santé à long terme liés à la gestion des complications. Le système actuel, en sous-remboursant les soins podologiques préventifs pour les stades précoces du risque diabétique (grade 1) et pour la population générale non diabétique, manque paradoxalement des opportunités d’interventions potentiellement très rentables. Ces interventions pourraient prévenir des complications bien plus coûteuses ultérieurement, un enjeu particulièrement pertinent pour les populations vieillissantes et diabétiques qui peuvent être concentrées dans des zones potentiellement sous-dotées en services.

Répercussions socio-économiques et de santé publique plus larges

Les conséquences d’un accès inéquitable aux soins podologiques dépassent la sphère de la santé individuelle et ont des répercussions socio-économiques plus larges. Elles peuvent entraîner une charge accrue pour d’autres secteurs du système de santé, par exemple les services d’urgence sollicités suite à des chutes ou les hospitalisations pour complications du pied diabétique. Les douleurs chroniques, les limitations de mobilité ou le temps consacré à la gestion d’affections podologiques avancées peuvent également réduire la participation au marché du travail ou la productivité. Enfin, la perte d’autonomie et la douleur chronique peuvent affecter la participation sociale et le bien-être mental des individus. Ces effets en cascade soulignent que l’accès équitable aux soins podologiques est une préoccupation sociétale qui va au-delà de la seule dimension sanitaire, impactant l’efficience du système de santé, la productivité économique et le bien-être social global.

L’accès à la podologie par rapport à d’autres domaines paramédicaux

Il est instructif de situer les inégalités d’accès aux soins podologiques par rapport à celles observées pour d’autres professions paramédicales, bien que les données comparatives directes et récentes soient limitées. En 2013, des données de la DREES indiquaient que l’indice de Gini pour les pédicures-podologues (0,2) était plus faible – suggérant une répartition plus égale – que celui des orthoptistes (0,3), et similaire à celui d’autres professions de la rééducation. Toutefois, cette information est relativement ancienne.

Un rapport de la DREES de 2019 portant sur les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes et les sages-femmes faisait état d’une amélioration de l’accessibilité mais de la persistance d’inégalités. Des données plus récentes de la DREES (publiées en décembre 2024 et concernant l’accessibilité en 2023, mesurée par l’APL) révèlent une dégradation de l’accessibilité aux médecins généralistes et aux infirmières, mais une amélioration pour les masseurs-kinésithérapeutes, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes. Ce même rapport souligne une croissance des inégalités d’accès aux médecins généralistes. Pour les autres professions analysées (chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes, infirmières, sages-femmes), les inégalités, bien que plus importantes que pour les médecins généralistes, sont relativement stables ou en légère diminution pour les sages-femmes. Notablement, les pédicures-podologues ne sont pas inclus dans cette analyse APL spécifique. Le rapport de la Cour des Comptes de mai 2024 met en évidence une aggravation générale de l’accès aux soins de premier recours et des disparités géographiques croissantes pour l’ensemble des professionnels de santé.

Bien que des données comparatives directes et récentes (comme l’APL) pour les pédicures-podologues fassent défaut dans les sources consultées, la tendance générale pour de nombreuses professions de santé est à la persistance, voire à l’aggravation, des inégalités territoriales. La podologie, avec sa forte proportion de praticiens libéraux et l’absence apparente d’incitations spécifiques fortes pour l’installation en zones sous-dotées (contrairement aux médecins), est susceptible de faire face à des défis similaires, sinon plus prononcés, en matière de répartition équitable. L’ancien indice de Gini suggérait une situation relativement meilleure pour les podologues, mais la persistance des constats descriptifs d’inégalités et la tendance générale à la dégradation pour d’autres professions incitent à la prudence. Il est plausible que les inégalités d’accès aux soins podologiques soient au moins comparables, et potentiellement pires sur certaines dimensions comme l’accès financier pour les non-diabétiques, à celles d’autres professions paramédicales ayant bénéficié d’une plus grande attention politique concernant leur distribution.

Pistes pour un accès équitable : stratégies et recommandations politiques

Face aux constats d’inégalités territoriales dans l’accès aux soins podologiques, plusieurs leviers d’action peuvent être envisagés pour tendre vers une plus grande équité.

Optimisation de l’offre et de la répartition des pédicures-podologues

Une première approche consiste à agir sur l’offre de professionnels. Cela pourrait passer par une révision, et potentiellement une augmentation, des capacités de formation, tout en gardant à l’esprit que l’augmentation du nombre d’étudiants, comme observé en médecine, ne résout pas automatiquement les problèmes de répartition. Une territorialisation des formations, par exemple en favorisant les stages en zones sous-denses, pourrait constituer un levier. La mise en œuvre d’incitations financières et non financières ciblées pour encourager l’installation et le maintien de l’activité dans les zones sous-dotées est cruciale. De telles aides pour les médecins, chirurgiens-dentistes, orthophonistes et sages-femmes existent mais les pédicures-podologues ne semblent pas bénéficier de cadres contractuels spécifiques aussi développés, bien que des aides générales en ZRR puissent s’appliquer. Faciliter les reprises de cabinets et les collaborations en zones rurales ou sous-dotées et développer des postes salariés pour les pédicures-podologues au sein de structures de santé publique (hôpitaux, centres de santé) dans des zones prioritaires identifiées pourraient également contribuer à une meilleure répartition. Une stratégie multidimensionnelle est donc nécessaire, allant au-delà de la simple augmentation du nombre global de professionnels pour inclure des incitations spécifiques à la profession et explorer davantage les potentialités de l’exercice salarié pour une affectation basée sur les besoins.

Amélioration de l’accessibilité financière et de la couverture des soins

La réduction des barrières financières est un axe majeur. Cela implique une réévaluation du remboursement des consultations de podologie pour la population générale par l’Assurance Maladie, en particulier pour les soins préventifs et les affections courantes non liées au diabète. Il est également impératif d’étendre la prise en charge intégrale des soins podologiques préventifs aux patients diabétiques de grade 1, conformément aux recommandations antérieures de la HAS. Une meilleure couverture des orthèses plantaires (semelles) pourrait être obtenue par une augmentation du tarif de base servant au remboursement ou par leur inclusion dans des dispositifs de type « 100 % Santé ». La promotion de la connaissance et de la souscription à des assurances complémentaires santé (mutuelles) offrant une couverture adéquate pour la podologie est également souhaitable. Enfin, il convient de s’attaquer au problème des refus de soins ou des difficultés d’accès pour les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS). L’amélioration du remboursement par le régime obligatoire est essentielle pour garantir l’équité, car la dépendance aux assurances complémentaires désavantage intrinsèquement les groupes à faibles revenus et ceux disposant d’une couverture moins complète.

Promotion de modèles de soins innovants et de la collaboration interprofessionnelle

L’intégration plus systématique des pédicures-podologues au sein des Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) et des Centres de Santé (CDS) constitue une piste prometteuse, d’autant que les MSP sont souvent implantées en zones moins denses et que les pédicures-podologues figurent parmi les professionnels pouvant y exercer. Le renforcement de leur rôle au sein des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) peut améliorer la coordination des parcours de soins, notamment dans les territoires fragiles. Le développement et l’évaluation de la télé-podologie (télésoin en podologie) pourraient permettre d’atteindre des patients éloignés ou à mobilité réduite. L’Assurance Maladie prévoit d’ailleurs des dispositions pour le télésoin par les pédicures-podologues, y compris des aides à l’équipement, même si des limites existent pour les actes nécessitant un contact direct ou un équipement spécifique non disponible chez le patient. Une collaboration accrue avec les médecins généralistes, diabétologues, infirmiers et autres professionnels est indispensable pour assurer des orientations rapides et une prise en charge globale, en particulier pour les patients à haut risque. Toutefois, pour que ces modèles innovants et coordonnés réduisent effectivement les inégalités territoriales, leur déploiement doit cibler spécifiquement les populations et territoires sous-dotés et garantir l’accessibilité financière des services proposés, y compris via la télésanté, dont l’usage a parfois été plus important chez les populations favorisées.

Renforcement des mesures préventives et des parcours de soins coordonnés

Un accent plus marqué sur la prévention est fondamental. Des campagnes de sensibilisation du public à la santé du pied et au rôle des pédicures-podologues, ciblant particulièrement les groupes à risque, sont nécessaires. La mise en place de programmes de dépistage systématique de la santé podologique dans les écoles, les établissements pour personnes âgées et pour les populations diabétiques pourrait permettre une détection précoce des problèmes. Il est également crucial d’améliorer la collecte de données sur les besoins podologiques, l’accès aux soins et les résultats des prises en charge afin de mieux éclairer les politiques et la planification (comblant ainsi les lacunes identifiées, par exemple sur les délais d’attente). L’Ordre National des Pédicures-Podologues a d’ailleurs formulé des propositions concernant l’extension et la valorisation des compétences des pédicures-podologues et insiste sur la promotion de leur rôle en tant qu’acteurs de santé publique. Un engagement plus fort en faveur de la prévention et une collecte de données rigoureuse peuvent permettre de passer d’un paradigme de traitement réactif des affections avancées à une gestion proactive, ce qui est particulièrement pertinent pour atténuer les impacts d’un accès inégal.

Face à ce constat, une action concertée et multidimensionnelle est indispensable. Elle doit impliquer les pouvoirs publics, les agences nationales de santé (HAS, CNAM), les instances ordinales (ONPP), les instituts de formation et les professionnels eux-mêmes. Il s’agit de repenser les mécanismes d’incitation à l’installation, d’améliorer la couverture financière des soins podologiques essentiels et préventifs, de promouvoir des modèles d’organisation des soins innovants et coordonnés, et de renforcer la prévention et la collecte de données. Assurer un accès équitable aux services de podologie, essentiels à la santé et à l’autonomie de la population, n’est pas seulement un enjeu technique, mais une question de santé publique et de justice sociale, en adéquation avec les principes fondateurs du système de santé français.