Des stockages français bien remplis ne protègent pas votre facture de gaz. Ils protègent d’autre chose : de la rupture d’approvisionnement. Le prix, lui, se forme sur un marché européen interconnecté, où l’Allemagne remplit mal ses cavités cet été. Ses stockages affichaient 51,5 % au 25 août 2026, contre environ 69 % un an plus tôt à la même date. La France était à 83 % début août, pour une moyenne européenne de 58 %.
La règle européenne est plus souple que son chiffre d’affichage. Elle vise 90 % de remplissage, autorise dix points d’écart et laisse deux mois pour y arriver. Le seuil réellement exigible est donc de 80 %. L’Allemagne superpose par-dessus un régime qui se compte installation par installation, où la plus grande cavité du pays n’a que 45 % à atteindre. Entre ce stock européen et le prix repère publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), il existe deux canaux, et ils ne vont pas à la même vitesse.
Le règlement de 2025 affiche 90 %, autorise dix points d’écart et deux mois pour y arriver
Le texte applicable est le règlement (UE) 2025/1733 du Parlement européen et du Conseil du 18 juillet 2025. Le Journal officiel de l’Union européenne l’a publié le 10 septembre 2025, et il est entré en vigueur le lendemain. Il ne crée pas le dispositif : il modifie le règlement (UE) 2017/1938 sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz, dont il prolonge le régime de remplissage jusqu’au 31 décembre 2027. C’est l’entrée en vigueur du 11 septembre 2025 qui commande, pas le 18 juillet 2025, date à laquelle le Parlement européen et le Conseil ont adopté le texte.
Le chiffre affiché n’a pas bougé : 90 % de la capacité des installations de stockage souterrain. Ce qui a changé en 2025, c’est la manière de le vérifier. L’objectif peut désormais être atteint à un moment quelconque entre le 1ᵉʳ octobre et le 1ᵉʳ décembre. La date unique du 1ᵉʳ novembre a disparu.
Ce détail de calendrier a un effet économique direct. Une date unique connue de tous donnait au marché une échéance d’achat commune. Chaque vendeur savait que les opérateurs européens devaient être servis avant le 1ᵉʳ novembre. L’obligation renchérissait ainsi le gaz d’été par sa seule existence. Une fenêtre de deux mois disperse cette pression. Bruxelles a assoupli le régime plutôt que de le durcir, et « rater le 1ᵉʳ novembre » n’a plus la portée que l’expression avait en 2022.
Le taux lui-même se module. Le règlement prévoit trois marges d’écart qui s’additionnent :
- dix points de pourcentage en cas de conditions de marché difficiles ou de contraintes techniques ;
- cinq points de plus pour un État membre qui produit plus de gaz qu’il n’en consomme, ou dont des installations exigent une durée d’injection exceptionnellement longue ;
- cinq points encore, par acte délégué de la Commission européenne, si des conditions de marché défavorables persistent.
La première marge, invoquée seule, ramène le seuil exigible à 80 %. Les deux autres, quand elles s’appliquent, le font descendre plus bas : cumulées à leur maximum, les trois marges représentent vingt points d’écart. Un pays qui n’affiche pas 90 % à l’automne n’est donc pas, de ce seul fait, en défaut. Il occupe l’espace que le texte lui ouvre.
Les jalons intermédiaires suivent la même logique. Les trajectoires de remplissage de février, mai, juillet et septembre existent toujours, mais elles sont devenues indicatives, sauf si l’État membre concerné décide de se les imposer. Le règlement organise des marges, pas un couperet : les dispositions lues ici décrivent des écarts autorisés et des trajectoires non contraignantes, sans fixer de barème de sanction pour un objectif manqué.
Trente-cinq pour cent de la consommation annuelle : la borne qui rend l’effort inégal d’un pays à l’autre
Un pourcentage de capacité ne dit rien de l’effort qu’il représente. Le règlement 2017/1938 consolidé ajoute donc une seconde borne, exprimée en volume : l’obligation de remplissage ne peut pas dépasser 35 % de la consommation annuelle moyenne de gaz de l’État membre sur les cinq années précédentes. L’assiette est donc une moyenne glissante : une consommation nationale qui recule fait baisser le volume à stocker, avec quelques années de décalage.
La conséquence est concrète. Un pays dont les cavités souterraines représentent plus du tiers de sa consommation annuelle n’a pas à remplir 90 % de l’ensemble : son obligation s’arrête au plafond, et le reste de la capacité devient facultatif. Un pays dont les stockages sont modestes au regard de sa consommation, à l’inverse, doit bien viser le taux plein. Le même pourcentage recouvre ainsi des efforts très inégaux d’un État membre à l’autre.
Les États sans stockage souterrain relèvent d’un autre calcul. Ils doivent faire réserver, au plus tard le 1ᵉʳ décembre, l’équivalent d’au moins 15 % de leur consommation annuelle moyenne dans les installations d’autres États membres, dans la limite des capacités techniques d’acheminement transfrontalier. Il s’agit d’une réservation de capacité chez le voisin, pas d’un stock détenu sur le territoire national. La date de référence diffère elle aussi : le 1ᵉʳ décembre, soit la borne haute de la fenêtre européenne.
En Allemagne, l’obligation se compte cavité par cavité, et Rehden n’a que 45 % à atteindre
L’Allemagne applique son propre droit par-dessus le régime européen. Le paragraphe 35b de la loi sur l’énergie (Energiewirtschaftsgesetz, EnWG) fixe trois rendez-vous : 80 % au 1ᵉʳ octobre, 90 % au 1ᵉʳ novembre et 30 % au 1ᵉʳ février. Le même paragraphe habilite le ministère fédéral de l’Économie à arrêter par ordonnance, sans accord du Bundesrat, des dates de référence et des taux différents. Cette habilitation a été utilisée, et c’est l’ordonnance qui gouverne l’hiver qui vient.
L’ordonnance sur les niveaux de remplissage des stockages de gaz (Gasspeicherfüllstandsverordnung) ne raisonne pas en moyenne nationale. Elle fixe une obligation installation par installation. Le régime commun est de 80 % au 1ᵉʳ novembre. Six sites nommés n’ont que 45 % à atteindre : Bad Lauchstädt, Frankenthal, Hähnlein, Rehden, Stockstadt et Uelsen. Le motif est technique : leurs vitesses d’injection et de soutirage sont nettement réduites, et leur situation géographique entre en compte. Rehden est la plus grande installation de stockage du pays.
De cette addition sort un troisième chiffre. Le régulateur allemand et la profession décrivent l’obligation nationale comme un remplissage moyen d’environ 70 % au 1ᵉʳ novembre. Ce taux est le résultat de l’agrégation des obligations par site, pas un seuil inscrit tel quel dans l’ordonnance : aucune disposition ne l’énonce. Trois nombres circulent donc, et ils appartiennent à trois étages de droit distincts. 90 % est la cible européenne modulable. 80 % est l’obligation allemande par installation. Environ 70 % est la moyenne qui en résulte. Aucun ne s’applique à l’étage des autres.
| Étage | Taux | Échéance | Texte |
|---|---|---|---|
| Objectif européen | 90 %, avec dix points d’écart autorisés, et jusqu’à dix de plus | à tout moment entre le 1ᵉʳ octobre et le 1ᵉʳ décembre | règlement (UE) 2025/1733, modifiant le règlement (UE) 2017/1938 |
| Loi allemande | 80 %, puis 90 %, puis 30 % | 1ᵉʳ octobre, 1ᵉʳ novembre, 1ᵉʳ février | § 35b EnWG |
| Ordonnance allemande, régime commun | 80 % | 1ᵉʳ novembre | § 1 GasSpFüllstV |
| Ordonnance allemande, six sites dont Rehden | 45 % | 1ᵉʳ novembre | § 1 GasSpFüllstV |
| Moyenne allemande résultante | environ 70 % | 1ᵉʳ novembre | agrégation des obligations par installation |
À 51,5 % fin août, le retard bute sur la vitesse d’injection autant que sur le prix
Au 25 août 2026, les stockages allemands étaient remplis à 51,5 %. Un an plus tôt à la même date, ils approchaient 69 %. L’écart représente environ 45 térawattheures de gaz manquant par rapport à la même période de 2025. Ces 51,5 % sont un taux national, quand l’ordonnance allemande oblige installation par installation. La comparaison qui a un sens est celle avec la moyenne d’environ 70 % que produit l’agrégation de ces obligations. Il reste, à cette échelle, un peu moins de vingt points de remplissage à gagner en un peu plus de deux mois. L’association allemande des opérateurs de stockage, INES, avertit fin août 2026 que le rythme d’injection observé ne permettra pas d’atteindre les obligations légales de remplissage.
Cet avertissement arrive en août, et pas en octobre, pour une raison physique. Un stockage ne se remplit pas à volonté : il se remplit à un débit. Une cavité saline absorbe le gaz rapidement. Un ancien gisement déplété l’absorbe beaucoup plus lentement. C’est exactement le motif que l’ordonnance allemande retient pour abaisser six sites à 45 % : des vitesses d’injection et de soutirage réduites.
Ce débit borne ce qui reste possible. Passé un certain retard, la cible devient inatteignable même avec du gaz disponible et payé, parce qu’il ne reste plus assez de semaines pour l’injecter. Un retard d’été ne se rattrape donc pas par une décision politique ni par un ordre d’achat. C’est ce qui distingue ce genre d’alerte d’un simple commentaire de marché.
L’écart entre le prix d’été et le prix d’hiver ne paie plus le stockage
Remplir un stockage est une opération commerciale avant d’être une obligation. Un négociant achète du gaz en été, le stocke, le revend en hiver. L’opération n’est rentable que si le prix d’hiver dépasse le prix d’été d’assez pour couvrir le coût du stockage. Cet écart saisonnier s’est resserré en 2026. Acheter en août pour revendre en janvier ne couvre plus les frais, et aucune obligation réglementaire ne crée cet écart.
Les cotations du gaz de gros donnent l’ordre de grandeur du mouvement. Le TTF, la référence des prix de gros du gaz en Europe, était cité à 53 €/MWh le 10 août 2026, puis à 69 €/MWh le vendredi 28 août 2026. En début d’année 2026, il évoluait autour de 29 €/MWh. Ces valeurs proviennent de relevés différents et ne forment pas une courbe continue : ce qu’elles établissent, c’est un doublement approximatif depuis janvier, pas une trajectoire.
Le régulateur allemand tire de cette situation une conclusion sur ses propres règles. Klaus Müller préside la Bundesnetzagentur, l’autorité chargée de faire appliquer l’obligation de remplissage. Le 21 août 2026, il a déclaré que les règles allemandes n’apportent plus rien et qu’elles produisent des incitations perverses. Les négociants, selon lui, peuvent spéculer sur un remplissage final assuré par l’État. Sa formule est brève : « Je n’y vois plus de valeur ajoutée. »
Aucun de ces éléments n’explique le retard à lui seul. Le point de départ bas de février, le niveau des prix de gros, l’écart saisonnier trop faible et la vitesse d’injection des installations agissent ensemble. Le débat allemand porte pour cette raison sur les incitations à remplir, plus que sur le niveau du seuil à atteindre.
Du TTF au prix repère : la part fourniture bouge chaque mois, le stockage une fois par an
C’est ici que la chaîne rejoint la France, et elle ne passe par aucune décision française. Un stock européen bas à la fin de l’été, c’est du volume qui reste à acheter avant l’hiver. Cette demande d’injection s’exprime sur le marché de gros européen, dont le TTF est la cotation de référence. Ce même TTF sert ensuite d’entrée au calcul du prix repère de la CRE. Le prix repère, enfin, est la grille à laquelle se comparent les offres des fournisseurs français.
Deux de ces maillons sont écrits noir sur blanc, le premier ne l’est pas. Que le TTF commande la part fourniture du prix repère, et qu’il la commande chaque mois, relève de la méthode publiée par la CRE. Que des achats de remplissage pèsent sur le prix européen relève, lui, du raisonnement du législateur. Le neuvième considérant du règlement de 2025 justifie l’assouplissement du régime par la nécessité de réunir les meilleures conditions d’achat, afin de faire baisser les prix du gaz en Europe. Le sens de l’effet est donc posé par le texte lui-même. Son ampleur ne l’est pas, et aucun relevé public ne convertit un point de remplissage européen manquant en euros par mégawattheure.
Le prix repère de vente de gaz naturel de la CRE est publié chaque mois. Il se décompose en deux blocs, et ces deux blocs ne bougent pas au même rythme.
- La part fourniture est actualisée chaque mois, à partir des prix de gros de référence TTF pour les échéances mensuelles et trimestrielles. Un mouvement du marché en août se lit sur la grille de septembre.
- Les coûts hors fourniture ne suivent pas le marché : ils changent à date fixe. Le transport et le stockage sont révisés au 1ᵉʳ avril, la distribution au 1ᵉʳ juillet, les autres charges au 1ᵉʳ janvier. Un renchérissement du stockage lui-même n’atteint donc le prix repère qu’au printemps suivant.
Deux canaux, deux horloges. Un choc de prix de gros survenu à la fin de l’été se voit donc dès la grille du mois suivant. Le coût de l’infrastructure, lui, attend avril.
La grille de septembre 2026 s’établit à 172,05 €/MWh TTC en moyenne, tous consommateurs résidentiels confondus, soit 122,16 €/MWh hors taxes. Sur une facture, l’unité n’est pas le mégawattheure mais le kilowattheure. Le prix repère de septembre ressort à 0,135 €/kWh TTC pour un logement chauffé au gaz, et à 0,168 €/kWh TTC pour un usage limité à la cuisson et à l’eau chaude. L’écart entre les deux ne tient pas à la qualité du gaz livré, mais à la structure de l’abonnement : la part fixe pèse plus lourd rapportée à une petite consommation.
Cette grille reste indicative. La CRE le précise : le prix repère couvre environ 95 % des clients résidentiels raccordés au réseau de distribution de GRDF, mais les fournisseurs construisent librement leurs offres, qui peuvent s’en écarter sensiblement. Ce que vous payez dépend de votre contrat, et la grille sert de point de comparaison. Elle se publie mois par mois et ne préjuge pas de la suivante.
La France entre dans l’hiver à 83 %, protégée de la pénurie mais pas du prix
Les stockages français étaient remplis à 83 % début août 2026, contre 58 % en moyenne dans l’Union européenne à la même date, d’après les données AGSI+. La marge est réelle, et elle porte sur une chose précise : la disponibilité physique du gaz pendant l’hiver.
Cette marge ne protège pas la facture. Le gaz s’échange sur un marché européen interconnecté, où un stock allemand bas et un stock français haut se rencontrent au même endroit : le prix de gros. La part fourniture du prix repère suit le TTF, quel que soit l’état des cavités françaises. Un consommateur résidentiel français bénéficie donc de la sécurité d’approvisionnement que donnent les stocks nationaux, et subit le prix européen que forme l’ensemble du marché. Les deux effets sont indépendants.
Le retard européen de l’été ne commence pas en août. L’Union est entrée dans la saison d’injection avec environ 46 milliards de mètres cubes en stock à la fin de février 2026, contre 60 et 77 milliards aux deux périodes équivalentes des années précédentes. Ce comptage provient d’une tribune de l’économiste Patrice Geoffron publiée le 6 mars 2026, et non d’un relevé de la plateforme AGSI+. Le volume à réinjecter avant l’hiver était donc mécaniquement plus lourd. La même tribune posait une question restée ouverte, celle d’un choc industriel pour l’Europe en cas de blocage du détroit d’Ormuz, point de passage majeur du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Elle raisonnait au conditionnel, sur des installations gazières qui pourraient être contraintes de réduire, voire d’interrompre, leur production. Rien de ce qui a été vérifié pour cet article n’établit l’état du détroit ni celui des livraisons de GNL vers l’Europe à la fin du mois d’août 2026. Le point de départ bas de février, lui, est chiffré, et il appartient à la même séquence que le retard d’août.
Où lire les chiffres : AGSI+, Bundesnetzagentur, prix repère de la CRE
Les taux de remplissage ne sont pas des estimations. Les opérateurs de stockage les déclarent eux-mêmes sur AGSI+, la plateforme européenne de transparence de Gas Infrastructure Europe, pays par pays et site par site. Les volumes publiés portent sur le gaz utile, c’est-à-dire la part effectivement soutirable, hors gaz qui doit rester en permanence dans la cavité pour la faire fonctionner. Un pourcentage de remplissage se rapporte donc à cette capacité utile, pas au volume géologique du site. La Bundesnetzagentur reprend ces données pour tracer sa courbe allemande, et la CRE publie sa grille de prix repère chaque mois, par usage.
Les chiffres cités ici sont datés d’août et de septembre 2026, et ils bougent chaque semaine. Trois pages suffisent à les rouvrir : le taux de remplissage français et allemand sur AGSI+, la courbe de la Bundesnetzagentur, la grille du prix repère du mois en cours sur le site de la CRE.
Questions fréquentes
L’Union européenne impose-t-elle 90 % de remplissage au 1ᵉʳ novembre ?
Non, sur les deux points. Depuis le règlement (UE) 2025/1733, l’objectif de 90 % peut être atteint à un moment quelconque entre le 1ᵉʳ octobre et le 1ᵉʳ décembre. Un État membre peut s’en écarter de dix points de pourcentage en cas de conditions de marché difficiles ou de contraintes techniques, ce qui ramène le seuil exigible à 80 %. Deux marges supplémentaires de cinq points existent, l’une pour certains profils nationaux, l’autre par acte délégué de la Commission européenne.
L’objectif porte-t-il sur la totalité des capacités de stockage d’un pays ?
Non. L’obligation est plafonnée en volume : elle ne peut pas dépasser 35 % de la consommation annuelle moyenne de gaz de l’État membre sur les cinq années précédentes. Un pays dont les stockages sont très grands au regard de sa consommation n’a donc pas à remplir 90 % de l’ensemble. Un État membre dépourvu de stockage souterrain doit, à la place, faire réserver au plus tard le 1ᵉʳ décembre l’équivalent d’au moins 15 % de sa consommation annuelle moyenne chez ses voisins.
D’où vient le chiffre de 70 % dont on parle pour l’Allemagne ?
Il vient d’une addition, pas d’un texte. L’ordonnance allemande sur les niveaux de remplissage fixe une obligation installation par installation : 80 % au 1ᵉʳ novembre pour la plupart des sites, mais 45 % seulement pour six d’entre eux, dont Rehden, en raison de vitesses d’injection et de soutirage réduites. Le régulateur allemand et la profession décrivent le résultat de cette agrégation comme une moyenne d’environ 70 %. Ce taux n’est écrit tel quel dans aucune disposition.
Des stockages français remplis à 83 % protègent-ils ma facture de gaz ?
Ils protègent de la rupture d’approvisionnement, pas du prix. La part fourniture du prix repère de la CRE est indexée chaque mois sur les prix de gros TTF, qui se forment à l’échelle européenne. Un mouvement du marché en août se répercute donc sur la grille de septembre, indépendamment du niveau des cavités françaises. Les coûts de transport et de stockage, eux, ne sont révisés qu’une fois par an, en avril.
Que se passe-t-il si un État membre n’atteint pas l’objectif de remplissage ?
Le règlement organise d’abord des marges d’écart, cumulables jusqu’à vingt points dans les cas qu’il prévoit, et il a rendu indicatives les trajectoires intermédiaires de février, mai, juillet et septembre. Les dispositions lues ici ne fixent aucun barème de sanction financière pour un objectif manqué. Le régime européen de remplissage court jusqu’au 31 décembre 2027.
