Au 10 août 2026, l’ETIAS n’a toujours pas de date de lancement : le système européen d’autorisation de voyage n’est pas en service, aucune demande n’est collectée, et la décision qui doit fixer cette date n’a pas été publiée au Journal officiel de l’Union européenne. L’autre dispositif, le système d’entrée/de sortie (EES), fonctionne pour sa part à tous les points de passage des frontières extérieures de l’espace Schengen depuis le 10 avril 2026. Les deux sont régulièrement confondus, alors qu’ils n’interviennent ni au même moment ni pour les mêmes voyageurs. Pour la plupart des lecteurs de cet article, la conclusion tient en une phrase : muni d’un passeport délivré par un État membre de l’Union européenne, vous n’avez aucune démarche à accomplir, ni aujourd’hui ni après le démarrage de l’ETIAS.

Ce qui est en service, et ce qui ne l’est pas

L’EES est un fichier européen alimenté à la frontière. Lorsqu’un ressortissant de pays tiers — c’est-à-dire une personne qui n’a la nationalité d’aucun État membre de l’Union européenne — se présente à un poste de contrôle pour un court séjour, ses données de passage y sont enregistrées à la place du cachet apposé sur le passeport. Le court séjour désigne ici un séjour de 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours.

L’ETIAS, qu’est-ce que c’est ? Une autorisation préalable au voyage, demandée en ligne avant le départ par les ressortissants de pays tiers exemptés de visa, dans l’esprit de l’autorisation ESTA pour les États-Unis. Elle se demande donc chez soi, avant de partir, et non au guichet du contrôle frontalier.

Le premier fonctionne. Le second, non. « L’ETIAS n’est pas en service à ce stade et aucune demande d’autorisation de voyage n’est collectée », indique la direction générale de la migration et des affaires intérieures de la Commission européenne (DG HOME) sur sa page consacrée aux frontières intelligentes, consultée le 10 août 2026. La même page ajoute : « L’Union européenne communiquera la date précise du démarrage de l’ETIAS plusieurs mois avant son lancement. »

Les repères du 10 août 2026 : l’EES est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026 ; plus de 150 millions d’entrées et de sorties y avaient été enregistrées au 6 août 2026 selon la DG HOME ; aucune demande d’ETIAS n’a été collectée à ce jour.

L’EES : ce que dit le texte, et comment il a été déployé

Le système d’entrée/de sortie a été institué par le règlement (UE) 2017/2226 du 30 novembre 2017, publié au Journal officiel L 327 du 9 décembre 2017. Son article 66 confie à la Commission européenne le soin de décider la date de mise en service, une fois quatre conditions cumulatives réunies, et impose que cette décision soit publiée au Journal officiel. Elle l’a été : la décision d’exécution (UE) 2025/1544 du 30 juillet 2025 dispose, à son article premier, que « la date de mise en service du système d’entrée/de sortie créé par le règlement (UE) 2017/2226 est fixée au 12 octobre 2025 ».

Le dispositif ne s’est pas allumé d’un coup ce jour-là. Un second texte, le règlement (UE) 2025/1534 du 18 juillet 2025, entré en vigueur le 26 juillet 2025, a organisé un déploiement progressif étalé sur 180 jours. Proposé par la Commission le 4 décembre 2024, il avait fait l’objet d’un accord entre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne le 19 mai 2025. L’EES ne modifie pas les conditions d’entrée elles-mêmes, fixées par le code frontières Schengen : il change la façon dont les passages sont enregistrés. Il ne porte par ailleurs que sur les frontières extérieures de l’espace Schengen, et non sur les contrôles aux frontières intérieures, qui relèvent de règles distinctes.

Pourquoi un déploiement en plusieurs paliers

L’article 4 du règlement de 2025 échelonne la montée en charge selon deux critères : la part des passages effectivement enregistrés et l’équipement des points de passage en dispositifs de relevé biométrique. C’est la raison pour laquelle la prise des empreintes et de l’image faciale n’était pas généralisée dès l’automne 2025.

Le déploiement progressif de l’EES, du 12 octobre 2025 au 9 avril 2026
ÉchéanceCe qui changePart minimale des passages estimés
12 octobre 2025Mise en service ; début des 180 jours
60 premiers joursEnregistrement possible sans données biométriques
J+30Premier palier de volume10 %
J+90Biométrie à la moitié des points de passage35 %
J+150Biométrie à tous les points de passage50 %
J+170Tous les voyageurs concernés enregistrés100 %

Un effet de ce calendrier passe largement inaperçu. L’article 22 du règlement de 2017 prévoit que, pendant 180 jours à compter de la mise en service, les gardes-frontières vérifient les cachets du passeport en plus des données enregistrées dans l’EES. Le règlement (UE) 2025/1534 a décalé ce point de départ, à son article 5, paragraphe 13 : cette période court depuis le 10 avril 2026, et elle est donc encore en cours aujourd’hui. Sa date de fin n’a fait l’objet d’aucune publication ; la lecture des textes la situe au début de l’automne 2026. Voir son passeport tamponné cet été, alors même que le passage est enregistré électroniquement, n’a donc rien d’anormal.

ETIAS : pourquoi la date de lancement n’est pas fixée

L’ETIAS a été institué par le règlement (UE) 2018/1240 du 12 septembre 2018, publié au Journal officiel L 236 du 19 septembre 2018. Le texte existe donc depuis huit ans. Mais un règlement qui institue un système ne le met pas en service pour autant : il renvoie cette décision à un acte ultérieur, et c’est cet acte qui manque.

Qui fixe la date, et où elle sera publiée

L’article 88 du règlement subordonne la mise en service de l’ETIAS à sept conditions cumulatives, énumérées de a) à g). Elles supposent notamment l’adoption d’une quinzaine d’actes délégués et d’exécution, et la déclaration, par l’agence eu-LISA — l’agence de l’Union chargée de la gestion opérationnelle des grands systèmes d’information —, que le test complet du système a été mené à bien avec succès (article 88, paragraphe 1, point e). Le paragraphe 4 du même article impose que la décision de la Commission européenne fixant la date soit publiée au Journal officiel de l’Union européenne.

Aucune décision de ce type n’y figure à ce jour. C’est le fait qui commande tout le reste : tant que cet acte n’est pas publié, l’ETIAS n’a pas de date de lancement, quelle que soit l’échéance avancée ailleurs. Les pages officielles vivantes disent la même chose que le Journal officiel : la page ETIAS de la DG HOME et celle d’eu-LISA reprennent, au 10 août 2026, la formulation citée plus haut, et eu-LISA renvoie au portail officiel des voyageurs pour les dernières informations sur le lancement. La salle de presse de l’agence n’a publié aucune actualité consacrée à l’ETIAS en 2026 ; ses seules publications de l’année portent sur l’EES.

Une source officielle a pourtant avancé une échéance : une actualité de la DG HOME du 28 avril 2026, consacrée aux différences entre les deux systèmes, évoquait un démarrage au dernier trimestre 2026. La contradiction n’est qu’apparente. Une actualité est un texte archivé : elle témoigne de l’état de l’information à sa date de publication et n’est pas révisée après coup. Une page de politique publique, elle, est vivante et mise à jour. C’est cette dernière qui fait foi, et elle ne fixe aucune date. Selon plusieurs médias spécialisés, la mention du dernier trimestre 2026 a d’ailleurs été retirée du portail officiel à la mi-juillet 2026.

Quant aux raisons de ce silence, elles ne sont, à ce stade, connues que par la presse. Euronews, le 8 juillet 2026, et Travel Market Report, le 7 juillet 2026, ont rapporté, à la suite d’informations du Financial Times, qu’eu-LISA aurait conclu qu’un lancement en 2026 n’était plus réalisable. Ces éléments n’ont été confirmés par aucun acte, aucun communiqué de la Commission, du Conseil de l’Union européenne ou d’eu-LISA, et aucune échéance de remplacement n’a été publiée. Les échéances postérieures avancées depuis lors par la presse spécialisée procèdent de cette même source unique et ne s’appuient sur aucun document officiel : si vous en avez lu une ailleurs, elle n’a pas d’autre statut. En l’état, la seule affirmation vérifiable reste celle des textes : la date n’est pas fixée.

Ce que le règlement prévoit pour le jour du démarrage

Le contenu de l’ETIAS, lui, est écrit depuis longtemps, et il permet de répondre aux questions les plus fréquentes sans rien anticiper sur le calendrier. Le prix, d’abord : l’article 18, paragraphe 1, du règlement de 2018 prévoyait une redevance de 7 euros. Elle a été portée à 20 euros par l’article premier du règlement délégué (UE) 2025/1411 du 16 juillet 2025. L’article 18, paragraphe 2, supprime cette redevance pour les demandeurs de moins de 18 ans et de plus de 70 ans : c’est bien la redevance qui est levée, pas l’autorisation elle-même, dont la demande restera due.

La validité ensuite : l’article 36, paragraphe 5, prévoit une autorisation valable trois ans, ou jusqu’à l’expiration du document de voyage si celle-ci intervient plus tôt. Le paragraphe 6 du même article pose une limite que l’on perd souvent de vue : « Une autorisation de voyage ne confère pas un droit d’entrée ou de séjour automatique. » Le garde-frontière conserve la décision finale au poste de contrôle. Côté délais, les articles 30 et 32, paragraphe 1, prévoient une décision et sa notification dans les 96 heures suivant le dépôt d’une demande recevable.

Un refus, enfin, ne sera pas arbitraire : l’article 37, paragraphe 1, en énumère les motifs — document de voyage signalé comme perdu, volé ou invalidé dans le système d’information Schengen, risque pour la sécurité, risque d’immigration irrégulière, risque épidémique élevé, signalement aux fins de non-admission, absence de réponse à une demande d’informations complémentaires, ou défaut de présentation à l’entretien prévu par le texte.

Reste le point le plus mal connu : l’obligation ne s’appliquera pas dès le premier jour. L’article 83, paragraphe 1, dispose que « pendant une période de six mois à compter de la date de mise en service d’ETIAS, l’utilisation de celui-ci est facultative et l’obligation d’être en possession d’une autorisation de voyage en cours de validité ne s’applique pas ». Cette période transitoire est prorogeable de six mois, une prorogation elle-même renouvelable une fois. Lui succède une période de grâce de six mois, également prorogeable de six mois (article 83, paragraphe 3) : l’obligation s’applique alors, mais les gardes-frontières admettent à titre exceptionnel le voyageur dépourvu d’autorisation qui franchit la frontière pour la première fois depuis la fin de la transition, s’il remplit par ailleurs toutes les autres conditions. Bout à bout, jusqu’à trente mois peuvent donc s’écouler entre le démarrage du système et son application pleine et entière.

L’ETIAS en quatre chiffres, tels que les textes les prévoient : 20 € de redevance · 3 ans de validité · 96 h pour obtenir une décision · 6 mois de période transitoire puis 6 mois de période de grâce, prorogeables.

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Qui est concerné, et qui ne l’est pas

C’est l’information la plus utile au plus grand nombre, et elle est rarement mise en avant. « Les ressortissants des pays de l’UE et de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse ne sont pas enregistrés dans l’EES », rappelle la DG HOME dans son actualité du 27 juillet 2026. Ils ne sont pas davantage concernés par l’ETIAS, qui vise exclusivement les ressortissants de pays tiers exemptés de visa. Un voyageur français, belge ou luxembourgeois n’a donc aucune démarche à accomplir, ni maintenant ni plus tard. La page consacrée à l’EES par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères l’indique également en français.

Les périmètres des deux systèmes ne se recouvrent pas exactement. Selon la DG HOME, au 10 août 2026, l’EES est exploité par 29 pays européens, tandis que l’ETIAS concernera les ressortissants de 59 pays exemptés de visa se rendant dans 30 pays européens. L’écart d’une unité s’explique par Chypre, qui, aux termes du considérant 13 de la décision d’exécution (UE) 2025/1544, n’exploite pas l’EES dès la mise en service et doit y être raccordée lorsque les conditions seront réunies.

D’autres voyageurs sont expressément dispensés d’enregistrement dans l’EES : les ressortissants d’Andorre, de Monaco et de Saint-Marin, les titulaires d’un passeport du Vatican ou du Saint-Siège, les titulaires d’un visa de long séjour ou d’un titre de séjour — hors titres chypriotes et irlandais — ainsi que les membres de la famille d’un citoyen de l’Union ou de l’Espace économique européen titulaires d’une carte de séjour. Pour tous les autres, l’EES collecte le document de voyage, des données biométriques — empreintes digitales et image faciale — ainsi que les dates et lieux d’entrée et de sortie, sans qu’aucune démarche préalable soit requise. Une actualité de la DG HOME du 28 avril 2026 mentionnait la possibilité de saisir ces informations à l’avance, de façon facultative, via l’application officielle, dans les 72 heures précédant le passage.

EES et ETIAS au 10 août 2026 : deux systèmes, deux situations
SystèmeEn service ?Qui est concernéCe qu’il faut faire
EESOui, depuis le 12 octobre 2025 ; plein régime le 10 avril 2026Ressortissants de pays tiers en court séjour, dans 29 pays européensRien avant le départ : l’enregistrement se fait au poste de contrôle
ETIASNon. Aucune demande collectée, aucune date fixéeRessortissants de 59 pays exemptés de visa, vers 30 pays européensRien : aucune demande ne peut être déposée à ce jour

L’EES en chiffres, quatre mois après le plein régime

Le rythme d’utilisation est désormais mesurable. La DG HOME faisait état de plus de 145 millions d’entrées et de sorties enregistrées dans son actualité du 27 juillet 2026, puis de plus de 150 millions dans celle du 6 août 2026 : de l’ordre de cinq millions de passages supplémentaires en dix jours, au cœur de la saison des départs.

Le premier bilan trimestriel publié par eu-LISA, le 13 juillet 2026, porte sur le premier trimestre 2026 et donne une image plus fine, quoique partielle : 19 985 refus d’entrée, 11 885 prolongations de séjour, 665 autorisations de séjour révoquées et 978 940 exemptions de relevé d’empreintes. L’agence assortit ces données d’une réserve explicite : sur ce trimestre, le système n’était pas encore en usage à tous les points de passage, puisque le plein régime n’a été atteint que le 10 avril 2026. Ces chiffres décrivent donc une montée en charge, non une année pleine.

Ce que disent les compagnies, les aéroports et le tourisme

Le déploiement n’a pas été sans heurts, et le secteur du transport aérien l’a fait savoir tôt. Le 11 février 2026, ACI EUROPE, l’association des aéroports européens, Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) ont publié un communiqué conjoint réclamant une révision immédiate du calendrier de déploiement avant la haute saison. Trois causes y étaient identifiées : un sous-effectif chronique aux postes de contrôle, des problèmes techniques non résolus sur l’automatisation, et une faible adoption de l’application de pré-enregistrement de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

« Il y a un décalage complet entre la perception des institutions européennes, pour qui l’EES fonctionne bien, et la réalité », y déclarait Olivier Jankovec, directeur général d’ACI EUROPE. « Le déploiement de l’EES doit être suffisamment souple pour s’adapter aux réalités opérationnelles. C’est une condition absolument indispensable à sa réussite », ajoutait Thomas Reynaert, vice-président senior chargé des affaires extérieures de l’IATA. Les trois organisations faisaient alors état d’attentes atteignant deux heures et redoutaient quatre heures ou davantage pour l’été.

Le 1ᵉʳ juillet 2026, elles ont franchi une étape supplémentaire avec une lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, signée par Ourania Georgoutsakou (A4E), Olivier Jankovec (ACI EUROPE) et Thomas Reynaert (IATA). Le texte affirme que « les passagers doivent attendre jusqu’à cinq heures pour passer le contrôle des passeports » et demande que les États membres puissent suspendre temporairement l’EES au moins en juillet et en août, puis qu’un mécanisme permanent de flexibilité soit instauré à partir de septembre. Ces files d’attente relèvent du contrôle frontalier et non des compagnies : elles n’ouvrent pas les mêmes recours que les droits des passagers aériens en cas de retard imputable au transporteur.

Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a chiffré l’enjeu commercial dans une étude de mai 2026, GSIQ European Entry/Exit System Consumer Research, menée auprès de 2 512 voyageurs des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et d’Australie. Environ un tiers d’entre eux se déclarent beaucoup moins susceptibles de venir dans l’espace Schengen si des attentes de trois à quatre heures devenaient régulières. L’organisation en déduit une projection — et non un constat — de 41 millions d’arrivées et 45,4 milliards de dollars de dépenses touristiques « à risque » sur 2026. La pression se concentre sur les aéroports européens les plus fréquentés.

Les institutions défendent, de leur côté, le bilan du système. Dans ses actualités du 27 juillet et du 6 août 2026, la DG HOME met en avant le volume de passages traités et l’apport de l’EES en matière de sécurité, notamment la détection de voyageurs se présentant sous une fausse identité. Le commissaire européen chargé des affaires intérieures et de la migration, Magnus Brunner, a pour sa part attribué une part des difficultés aux effectifs et aux infrastructures insuffisants de certains États membres, selon des propos rapportés par Euronews le 8 juillet 2026.

Pourquoi les files d’attente pèsent sur le calendrier de l’ETIAS

Les deux systèmes ne sont pas indépendants. L’ETIAS interrogera notamment les données de l’EES et viendra s’y superposer : sa mise en service suppose que l’EES soit stabilisé, techniquement et humainement, aux points de passage. Les difficultés opérationnelles de l’EES se répercutent donc sur la mise en service de l’ETIAS, dont l’article 88 exige un test complet déclaré concluant.

Avant de payer pour une « assistance ETIAS »

Au 10 août 2026, aucune demande d’autorisation de voyage n’est collectée. Il n’existe donc, à cette date, aucun dossier ETIAS à préparer, à vérifier ou à déposer, pour personne. Une plateforme qui propose aujourd’hui, contre paiement, un service de dépôt ou d’assistance ETIAS vend une prestation sans objet en l’état.

Le règlement de 2018 prévoit, à son article 16, que la demande se fera par un site officiel dédié ou une application mobile. Le seul canal officiel annoncé est le portail européen du voyage, travel-europe.europa.eu. Précisons enfin un point : Parlorama est un média indépendant, sans aucun lien avec les institutions de l’Union européenne. Cet article rassemble et date des sources publiques ; seules ces sources officielles font foi.

À retenir

  • L’EES est en service depuis le 12 octobre 2025 et pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026.
  • L’ETIAS n’est pas en service : aucune demande n’est collectée et aucune date de lancement n’est fixée, faute de décision publiée au Journal officiel.
  • Ni l’un ni l’autre ne concerne les ressortissants de l’Union européenne, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse.
  • Lorsque l’ETIAS démarrera, la redevance sera de 20 euros et l’autorisation vaudra trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport.
  • Six mois de période transitoire, puis six mois de période de grâce, sont alors prévus, l’une et l’autre prorogeables.
  • Jusqu’au début de l’automne 2026, les cachets continuent d’être apposés sur les passeports en plus de l’enregistrement dans l’EES.
  • Un seul canal officiel de demande est prévu, et aucun dépôt n’est possible à ce jour.

Questions fréquentes sur l’EES et l’ETIAS

L’ETIAS est-il obligatoire aujourd’hui ?

Non. Au 10 août 2026, l’ETIAS n’est pas en service : selon la DG HOME, aucune demande d’autorisation de voyage n’est collectée. L’obligation ne s’appliquera qu’après une décision de la Commission européenne publiée au Journal officiel, puis une période transitoire d’au moins six mois pendant laquelle l’autorisation restera facultative. Aucune date n’a été fixée.

Un Français a-t-il besoin d’un ETIAS ou d’un enregistrement EES ?

Non, dans aucun des deux cas. Selon la DG HOME, les ressortissants des pays de l’Union européenne, de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse ne sont pas enregistrés dans l’EES. L’ETIAS, lui, ne visera que les ressortissants de pays tiers exemptés de visa. Un passeport français ne donne donc lieu à aucune démarche préalable.

Combien coûtera l’ETIAS et combien de temps sera-t-il valable ?

La redevance sera de 20 euros, contre 7 euros prévus en 2018, en application du règlement délégué (UE) 2025/1411 du 16 juillet 2025. Elle ne sera pas due par les moins de 18 ans ni par les plus de 70 ans, qui devront malgré tout déposer une demande. L’autorisation sera valable trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport.

Quelle est la différence entre l’EES et l’ETIAS ?

L’EES enregistre à la frontière, de façon biométrique, les entrées et les sorties des ressortissants de pays tiers en court séjour : il remplace le cachet du passeport. L’ETIAS est une autorisation à demander en ligne avant le départ, pour les ressortissants de pays tiers exemptés de visa. Le premier fonctionne depuis 2025, le second n’est pas en service.