Pour arrêter de fumer en novembre, une partie des aides est gratuite et l’autre passe par une ordonnance. Le kit, le 39 89, l’application et le site de Mois sans tabac ne demandent rien : ni condition, ni prescription. Les patchs, gommes et autres substituts nicotiniques, eux, ne sont remboursés à 65 % par l’Assurance maladie que s’ils ont été prescrits et figurent sur la liste des produits pris en charge.

L’ordre des gestes décide donc de la facture. La consultation d’un médecin, d’un infirmier, d’un kinésithérapeute, d’un dentiste ou d’une sage-femme vient avant le passage en pharmacie, pas après. Le défi de 30 jours a démarré le 1ᵉʳ novembre 2026 pour sa 11ᵉ édition ; l’inscription se fait sur mois-sans-tabac.fr. Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, 55 % des fumeurs quotidiens souhaitent arrêter.

L’inscription passe par mois-sans-tabac.fr, le kit de 40 jours se retire gratuitement en pharmacie

Pour participer, l’inscription se fait sur mois-sans-tabac.fr, ouvert aux inscriptions depuis le 1ᵉʳ octobre 2026. Mois sans tabac est un défi collectif de 30 jours sans fumer, lancé le 1ᵉʳ novembre. Le 30 octobre, Santé publique France invitait encore les retardataires à s’inscrire, sans fixer de date de clôture. L’opération en est à sa 11ᵉ édition ; la première date de 2016. Santé publique France et le ministère de la Santé la portent, en partenariat avec l’Assurance maladie.

Le kit est la première aide matérielle. Il contient un programme de 40 jours, une roue des économies et des dépliants. Plus de 18 000 pharmacies le distribuent gratuitement, et il est aussi disponible en ligne, selon le communiqué de Santé publique France du 30 octobre 2026. Le site propose des conseils personnalisés, un suivi quotidien et une carte des événements et partenaires locaux. Dans les régions participantes, des stands sont tenus dans des gares et des centres commerciaux. La roue parle d’économies ; le prix du paquet lui-même relève d’un autre dossier, la fiscalité minimale du tabac dans l’Union.

L’écart entre l’envie d’arrêter et le recours au dispositif reste large. Plus de 117 000 personnes se sont inscrites en 2025, et plus de 2,5 millions ont participé depuis 2016, d’après le communiqué d’ouverture des inscriptions du 1ᵉʳ octobre 2026. Dans le même temps, plus de la moitié des fumeurs quotidiens disent vouloir arrêter. La démarche reste volontaire.

Les deux chiffres d’efficacité mis en avant par Santé publique France ne mesurent pas la même chose. Une tentative d’arrêt faite pendant l’opération double les chances d’avoir réussi à un an, comparée à une tentative sans aide : c’est le résultat de Guignard et al., tiré du Baromètre 2017. Le second chiffre, ×5, décrit autre chose. Avoir tenu 30 jours sans fumer multiplie par cinq les chances d’arrêt à long terme, selon West et Stapleton (2008). Il mesure l’effet du mois tenu, pas celui de l’inscription.

Au 39 89, un tabacologue répond six jours sur sept sans surcoût et aide à régler les dosages

Le premier étage d’aide ne demande ni rendez-vous ni ordonnance. Le 39 89 de Tabac info service est un numéro gratuit et non surtaxé. Il répond du lundi au samedi, de 8 h à 20 h. Au bout du fil, un tabacologue, et un suivi personnalisé pour qui le souhaite. Depuis 2023, les personnes sourdes ou malentendantes y accèdent par le service Acceo.

L’application d’e-coaching Tabac info service est gratuite elle aussi. L’Assurance maladie l’a développée avec Santé publique France et la Société francophone de tabacologie.

Le tabacologue aide aussi à déterminer les dosages des substituts, selon Tabac info service. Le communiqué de lancement du 30 octobre décrit ce premier étage — kit, téléphone, application, site — et ne dit rien du remboursement. Le second étage, celui du traitement, passe par une ordonnance : celle d’un médecin ou d’un autre professionnel de santé habilité à prescrire.

Cinq professions peuvent signer l’ordonnance qui ouvre le remboursement

Sans ordonnance, pas de remboursement : c’est la cause d’échec la plus simple de toute la démarche. Le même patch, acheté le même jour en pharmacie sans prescription, reste entièrement à la charge du fumeur. L’ordre compte donc : consulter d’abord, acheter ensuite.

La liste des prescripteurs figure à l’article L3511-3 du Code de la santé publique, dans sa version en vigueur depuis le 21 mai 2016 (ordonnance n° 2016-623). Elle est issue de l’article 134 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016. Elle compte cinq professions :

  • les médecins, y compris le médecin du travail pour les travailleurs ;
  • les chirurgiens-dentistes, dans les conditions de l’article L4141-2 ;
  • les sages-femmes, dans les conditions de l’article L4151-4 ;
  • les infirmiers, dans les conditions de l’article L4311-1 ;
  • les masseurs-kinésithérapeutes, dans les conditions de l’article L4321-1.

Le médecin du travail n’est pas une sixième profession. Le Code le range parmi les médecins, et la liste légale s’arrête à cinq.

La conséquence est concrète. Obtenir l’ordonnance ne suppose pas forcément un rendez-vous chez le généraliste. Un kinésithérapeute, un infirmier ou un dentiste consulté pour autre chose peut la rédiger, tout comme le médecin du travail. Chacun le fait dans les conditions fixées par l’article qui régit sa profession, et ce sont ces articles qui en tracent les contours.

L’accompagnement du 39 89 aide à régler les dosages ; le remboursement, lui, repose sur deux conditions, et pas une seule : une ordonnance signée par l’une de ces cinq professions, et un produit inscrit sur la liste des substituts pris en charge.

Avec l’ordonnance, l’Assurance maladie paie 65 % sans plafond depuis 2019, la complémentaire peut compléter

Une fois l’ordonnance en main, le passage en pharmacie se fait sans avance de frais. L’Assurance maladie obligatoire prend en charge 65 % du prix des substituts listés, soit à peu près les deux tiers de chaque boîte. Tabac info service fait partir cette règle du 1ᵉʳ janvier 2019 et la réserve aux traitements prescrits.

Les 35 % restants forment le ticket modérateur. La complémentaire santé peut les prendre en charge, selon ce que prévoit le contrat. Sans complémentaire, ou avec un contrat qui ne les couvre pas, ils restent à payer.

Ce taux de 65 % est celui d’un médicament ordinaire, et c’est tout le sens du changement de 2019. Les substituts sont passés en droit commun. Avant, l’aide prenait la forme d’un forfait de 150 € par an et par assuré. Ce forfait a été supprimé, et aucun plafond annuel ne l’a remplacé. Des documents plus anciens mentionnent encore les 150 € : ils décrivent l’ancien régime, pas la règle en vigueur.

La différence se mesure sur la durée du traitement. Un traitement par substituts dure en général trois à six mois, et il peut être prolongé. Sous l’ancien régime, l’enveloppe annuelle de 150 € bornait la prise en charge, quelle que soit la durée. Depuis 2019, chaque boîte prescrite et listée est remboursée au même taux, sans limite de montant.

La seconde condition tient au produit. Seuls les substituts inscrits sur la liste des spécialités prises en charge ouvrent droit au remboursement. L’Assurance maladie publie cette liste sur ameli.fr. C’est elle qui dit si une marque, une forme ou un dosage précis est remboursable, et la vérifier avant l’achat évite de découvrir l’exclusion au comptoir.

Aucun assortiment d'éléments du jour du tabac

Patch et forme orale peuvent figurer sur la même ordonnance, la varénicline vient après un échec

Les substituts existent sous plusieurs formes :

  • les patchs ;
  • les gommes ;
  • les pastilles ou comprimés ;
  • les inhalateurs ;
  • les sprays.

Associer un patch à une forme orale est recommandé, selon la page de sante.fr consacrée au choix du traitement. Le patch couvre le besoin de fond, la forme orale répond aux envies ponctuelles. Une même ordonnance peut couvrir les deux. Le choix des formes et des doses se règle avec le prescripteur, ou avec le tabacologue du 39 89, pas sur une fiche générale.

La varénicline, commercialisée sous le nom de Champix, est la marche suivante. Elle est remboursable à 65 %, mais pour une indication précise : le sevrage des fumeurs fortement dépendants, après échec des substituts nicotiniques. C’est un médicament de la liste I, délivré uniquement sur prescription médicale. Sa fiche dans la Base de données publique des médicaments, mise à jour le 29 septembre 2026, affiche 20,83 € pour le conditionnement d’initiation de 11 + 14 comprimés, honoraire de dispensation compris. Le reste à charge s’établit à environ 7,30 € avant complémentaire : ce sont les 35 % non remboursés de ce prix.

Le bupropion, autre médicament du sevrage, est lui aussi soumis à prescription, mais il n’est pas remboursé dans cette indication. Les deux molécules exigent un suivi médical. Elles sont déconseillées pendant la grossesse, pendant l’allaitement et avant 18 ans.

La cigarette électronique n’entre dans aucun de ces étages : aucune n’est remboursable.

Le pharmacien délivre et conseille, il ne fait pas rembourser sans ordonnance

Le pharmacien est l’interlocuteur de la délivrance, pas celui de la prescription. Sans ordonnance, il peut conseiller et vendre des substituts nicotiniques. Il ne peut ni en prescrire, ni les faire rembourser.

Une autre règle a pourtant été votée. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2022, adoptée en 2021, a inscrit une prise en charge des substituts délivrés sans ordonnance en officine. Le calendrier de sa mise en œuvre s’est étiré :

  • novembre 2024 : la mesure n’est toujours pas appliquée ;
  • mars 2025 : trois régions sont pressenties pour la lancer d’ici fin 2025 ;
  • février 2026 : l’expérimentation n’est pas engagée, selon la presse professionnelle.

Aucune des sources consultées ne signale son démarrage depuis. Sur sante.fr comme sur Tabac info service, le remboursement reste lié à une ordonnance : un achat sans ordonnance en officine se paie en entier.

Quatre gestes, de l’inscription à la boîte remboursée

La démarche se lit de gauche à droite : chaque geste a son interlocuteur, sa prise en charge et son point de rupture.

Arrêter de fumer en novembre 2026 : qui fait quoi, et à quel prix
GesteInterlocuteurPrise en chargeCause d’échec
S’inscrire, retirer le kitmois-sans-tabac.fr, pharmacieGratuit, sans conditionAucune : ni condition, ni prescription
Se faire accompagner39 89, application Tabac info serviceGratuit, non surtaxéConfondre accompagnement et ordonnance
Obtenir l’ordonnanceMédecin, y compris du travail, dentiste, sage-femme, infirmier, kinésithérapeuteOuvre le droit au remboursementAcheter avant de consulter
Retirer les substitutsPharmacien65 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais ; le reste peut revenir à la complémentaireProduit absent de la liste publiée sur ameli.fr

Le dernier contrôle se fait avant le comptoir : la liste des substituts pris en charge, sur ameli.fr, dit si le produit inscrit sur l’ordonnance est remboursable.

Questions fréquentes

Les patchs nicotiniques sont-ils remboursés sans ordonnance ?

Non. Sans ordonnance d’un professionnel habilité, les substituts nicotiniques s’achètent en pharmacie à vos frais. Le remboursement à 65 % par l’Assurance maladie exige une ordonnance et un produit inscrit sur la liste publiée sur ameli.fr.

Un kinésithérapeute ou un infirmier peut-il prescrire des substituts nicotiniques ?

Oui. L’article L3511-3 du Code de la santé publique autorise les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers à les prescrire, comme les médecins, les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes. Chaque profession le fait dans les conditions fixées par l’article qui la régit.

Où s’inscrire à Mois sans tabac et retirer le kit ?

Sur mois-sans-tabac.fr, ouvert aux inscriptions depuis le 1ᵉʳ octobre 2026. Le défi de 30 jours a démarré le 1ᵉʳ novembre, et Santé publique France invitait encore les retardataires à s’inscrire le 30 octobre, sans fixer de date de clôture. Le kit gratuit est distribué en pharmacie et disponible en ligne.

Le pharmacien peut-il prescrire des substituts nicotiniques remboursés ?

Non. Le pharmacien délivre et conseille, il ne prescrit pas de substituts remboursés. Une prise en charge des substituts délivrés sans ordonnance en officine, inscrite dans la LFSS pour 2022, n’était pas engagée en février 2026 selon la presse professionnelle.

Le Champix est-il remboursé ?

Oui, à 65 %, sur prescription médicale, pour le sevrage des fumeurs fortement dépendants après échec des substituts nicotiniques. Il exige un suivi médical et il est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et avant 18 ans. Le bupropion, autre médicament du sevrage, n’est pas remboursé dans cette indication.