À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, le taux de prélèvement à la source qui figure sur votre bulletin de paie change de base : il ne dépend plus de vos revenus de 2024, mais de ceux de 2025, déclarés au printemps dernier. La substitution est automatique, ne demande aucune démarche, et vaut jusqu’au 31 août 2027. Ce taux n’est pas votre impôt : c’est une avance calculée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) à partir de votre dernière déclaration, puis régularisée l’été suivant. Cet article explique d’où sort ce chiffre, ce qu’il ne prend pas en compte, ce que recouvrent les trois taux existants — personnalisé, individualisé, par défaut — et les démarches ouvertes au contribuable : l’option pour le taux par défaut, la modulation et la déclaration d’un changement de situation. Aucune tendance générale ne peut en revanche être annoncée : le sens du mouvement dépend de chaque foyer.

Ce qui bascule au 1ᵉʳ septembre 2026, et pourquoi vous n’avez rien à faire

Le dispositif repose sur une règle de calendrier posée par l’article 204 H du code général des impôts, tel que commenté par l’administration fiscale : du 1ᵉʳ janvier au 31 août d’une année, le taux appliqué est calculé sur les revenus de l’avant-dernière année ; du 1ᵉʳ septembre au 31 décembre, sur ceux de l’année précédente. La campagne déclarative du printemps ne produit donc ses effets qu’à la rentrée.

Pour 2026, la conséquence est mécanique : le taux issu de vos revenus de 2025 s’applique du 1ᵉʳ septembre 2026 au 31 août 2027. « Le taux qui s’applique au mois de septembre de l’année N est le taux issu de votre déclaration de revenus effectuée au printemps. Ce taux vient se substituer automatiquement au taux précédent et s’appliquera jusqu’au 31/08/N+1 », explique la DGFiP sur impots.gouv.fr, sur une page modifiée le 9 juillet 2026. L’administration transmet elle-même le nouveau taux à votre collecteur.

Ce taux unique emprunte ensuite deux véhicules. Les salaires et les pensions donnent lieu à une retenue à la source : l’employeur ou la caisse prélève avant de verser. Les revenus fonciers et ceux des indépendants donnent lieu à un acompte, prélevé sur votre compte bancaire. Le taux est le même ; seul le mode de perception diffère.

Où lire votre nouveau taux de prélèvement à la source pour 2026

Le taux applicable figure sur votre avis d’impôt et dans votre espace Finances publiques, sur impots.gouv.fr, au service « Gérer mon prélèvement à la source ». C’est également de là que se font les démarches décrites plus bas.

D’où sort ce chiffre : le calcul du taux de prélèvement à la source de septembre 2026

Le taux n’est pas la tranche la plus élevée du barème que vous atteignez. La formule officielle rapporte l’impôt dû sur les seuls revenus entrant dans le champ du prélèvement à ces mêmes revenus : on isole la part de votre impôt correspondant aux salaires, pensions, revenus fonciers et revenus d’indépendants, puis on la divise par ces revenus. Le résultat est un taux moyen, inférieur au taux marginal.

L’impôt de départ, lui, découle du barème progressif. Pour les revenus de 2025, la loi de finances pour 2026 a revalorisé les limites des tranches de 0,9 %, un ajustement indexé sur l’inflation, sans toucher aux taux, qui restent fixés à 0, 11, 30, 41 et 45 %. Pour une part de quotient familial, la fraction de revenu allant jusqu’à 11 600 € n’est pas imposée ; la fraction comprise entre 11 601 et 29 579 € l’est à 11 % ; entre 29 580 et 84 577 € à 30 % ; entre 84 578 et 181 917 € à 41 % ; au-delà à 45 %, selon service-public.gouv.fr.

Le taux obtenu est arrondi à la décimale la plus proche, la fraction de décimale égale à 0,50 comptant pour une décimale entière : l’administration donne l’exemple d’un taux de 6,85 % arrondi à 6,9 %.

Un point est décisif : le montant d’impôt retenu au numérateur est calculé avant imputation des réductions et des crédits d’impôt. Vos dons, votre emploi à domicile ou vos frais de garde ne font donc pas baisser votre taux ; ils sont pris en compte lors de la régularisation de l’été suivant.

Taux personnalisé, taux individualisé, taux neutre : trois logiques

Trois taux coexistent. Le taux du foyer, dit « personnalisé », est celui qui découle du calcul décrit plus haut : il est unique pour l’ensemble du foyer fiscal. Le taux individualisé, prévu à l’article 204 M du code général des impôts et commenté par l’administration fiscale, répartit la charge entre deux conjoints selon leurs revenus respectifs. Le taux par défaut, dit « neutre », est une grille publique appliquée en l’absence de taux transmis.

Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, le taux individualisé est le taux de droit commun des couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune : il s’applique sans démarche, l’option pour le taux du foyer restant ouverte. C’est une mesure dont la doctrine fiscale publiée au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) situe la base dans l’article 19 de la loi de finances pour 2024. Septembre 2026 est donc la deuxième actualisation sous ce régime.

Son périmètre est limité. « Le taux individualisé de chaque conjoint ou partenaire s’applique exclusivement aux revenus dont il dispose personnellement. Les revenus communs du foyer fiscal demeurent soumis au taux de prélèvement du foyer », précise le BOFiP (BOI-IR-PAS-20-20-20, § 1, mis à jour le 7 mai 2025).

Surtout, l’individualisation ne fait pas baisser l’impôt. Elle répartit une charge inchangée : le montant total dû par le foyer reste strictement le même. L’administration publie l’exemple d’un couple déclarant 36 000 € et 12 000 € pour un impôt de 1 849 € : le taux du foyer ressort à 3,9 %, et les taux individualisés à 5,1 % pour le premier conjoint et 0 % pour le second.

Enfin, les taux individualisés ne sont pas signalés comme tels aux employeurs : ceux-ci reçoivent un taux, sans savoir à quelle catégorie il appartient.

Grille du taux neutre 2026 : le taux par défaut, revalorisé au 1ᵉʳ mai

Le taux par défaut n’est pas improvisé : c’est une grille publiée par l’administration, qui dépend du seul montant net imposable versé sur le mois. La loi de finances pour 2026, du 19 février 2026, en a indexé les limites de 0,9 % pour les revenus perçus à compter du 1ᵉʳ mai 2026.

Elle s’applique de plein droit lorsque le collecteur ne dispose d’aucun taux : contribuable n’ayant jamais déclaré, personne à charge ou rattachée au foyer de ses parents, salarié à son premier emploi. Le BOFiP cite le cas d’un jeune de 20 ans rattaché au foyer de ses parents, embauché en contrat à durée indéterminée : la grille par défaut lui est appliquée toute l’année.

Taux par défaut, métropole et hors de France, revenus perçus à compter du 1ᵉʳ mai 2026 (extrait)
Salaire mensuel net imposable Taux Repère
Moins de 1 635 €0 %Entrée de grille
De 1 698 à 1 807 €1,3 %Bas de grille
De 2 315 à 2 738 €5,3 %Bas de grille
De 3 135 à 3 571 €9,9 %Milieu de grille
De 4 690 à 5 624 €15,8 %Milieu de grille
De 8 789 à 12 200 €24 %Haut de grille
De 16 523 à 25 937 €33 %Haut de grille
55 558 € et plus43 %Taux maximal

Cet extrait reprend 8 des 20 tranches ; borne basse incluse, borne haute exclue. La grille complète est publiée au BOFiP, dans un document mis à jour le 6 juillet 2026.

Deux autres grilles, aux mêmes taux mais aux limites plus hautes, valent depuis la même date pour la Guadeloupe, La Réunion et la Martinique — entrée à 1 875 € — et pour la Guyane et Mayotte, à 2 008 €.

Pour les contrats courts, un abattement mensuel s’applique avant lecture de la grille : 766 € depuis le 1ᵉʳ juin 2026, soit la moitié du SMIC net imposable mensuel après revalorisation. Un montant différent a valu du 1ᵉʳ janvier au 31 mai 2026 : vérifiez la date d’effet du chiffre que vous consultez.

Enfin, le taux par défaut ne s’ajuste ni aux heures supplémentaires, ni aux absences, ni au nombre de jours travaillés : un seul taux frappe la totalité du versement du mois, primes et rappels de salaire compris.

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Choisir le taux neutre : ce que l’option fait, et ce qu’elle ne fait pas

Tout contribuable peut demander l’application du taux par défaut à la place de son taux personnalisé, à tout moment, depuis son espace en ligne. L’option est reconduite tacitement, sauf dénonciation dans les trente jours qui suivent la communication d’un nouveau taux propre par l’administration.

Le motif est presque toujours le même : ne pas livrer à son employeur une information indirecte sur les ressources du foyer — un second salaire, des revenus fonciers, une pension. L’option répond à ce besoin.

Lorsque le taux par défaut conduit à prélever moins que le taux propre du contribuable, celui-ci acquitte un complément de retenue à la source, au fur et à mesure de la perception des salaires. L’écart n’est pas reporté à la régularisation de l’été : il se paie dans l’année.

Autrement dit, l’option protège une information ; elle ne réduit aucun impôt et ne diffère aucun paiement.

Moduler son taux de prélèvement à la source : la condition des 5 %, et ce qu’elle mesure

Le second levier est la modulation. L’article 204 J du code général des impôts, tel que commenté par l’administration fiscale, permet de demander la révision de son taux, à la hausse comme à la baisse, pour tenir compte de l’évolution des revenus ou de la situation du foyer au cours de l’année.

Les deux sens n’obéissent pas aux mêmes conditions. « La modulation à la baisse est subordonnée à l’existence d’un écart de plus de 5 % entre, d’une part, le montant du prélèvement résultant de la situation et des revenus estimés par le contribuable pour l’année en cours et, d’autre part, le montant du prélèvement qu’il supporterait en l’absence de modulation », énonce le BOFiP (BOI-IR-PAS-20-30-20-10, § 10, 7 mai 2025). Le même paragraphe ajoute : « La modulation à la hausse n’est pas subordonnée à cette condition d’écart. »

L’écart de 5 % se mesure sur des montants de prélèvement, non sur des points de taux, et il ne conditionne que la baisse. Ce seuil était fixé à 10 % jusqu’au 31 décembre 2022 ; il a été ramené à 5 % par la loi de finances pour 2023, du 30 décembre 2022.

L’administration en publie une illustration : un prélèvement estimé à 750 € contre 1 000 € en l’absence de modulation, soit 250 € d’écart, représentant 25 % du prélèvement supporté sans démarche — largement au-delà de 5 %. La modulation est donc ouverte.

La demande repose sur une estimation que vous déclarez vous-même et que l’administration contrôle. Le nouveau taux est mis en œuvre au plus tard le troisième mois suivant la demande — délai qui intègre les deux mois laissés aux collecteurs, souvent plus court en pratique — et produit ses effets jusqu’au 31 décembre de l’année de la demande. Pour chiffrer votre cas, reportez-vous au simulateur d’impots.gouv.fr et à votre service des impôts des particuliers.

Mariage, naissance, séparation : les soixante jours qui recalculent tout

Quatre événements doivent être déclarés dans les 60 jours qui suivent leur survenance, au titre de l’article 204 I du code général des impôts : le mariage ou la conclusion d’un PACS, la naissance, l’adoption ou le recueil d’un enfant mineur, le décès de l’un des conjoints, le divorce ou la rupture d’un PACS. Ce changement de situation se déclare dans l’espace en ligne, au service « Gérer mon prélèvement à la source ».

Le taux recalculé s’applique au plus tard le troisième mois suivant la déclaration. Pour un mariage ou un PACS, une option permet d’en reporter la prise d’effet au 1ᵉʳ janvier suivant. Deux dispenses existent : les conjoints déjà liés par un PACS au 1ᵉʳ janvier de l’année du mariage n’ont pas de nouvelle déclaration à déposer, et un PACS suivi d’un mariage la même année ne donne lieu qu’à une seule déclaration, selon la doctrine publiée au BOFiP.

Ce sont précisément les changements non signalés qui fabriquent les écarts constatés l’été suivant. La DGFiP cite deux cas typiques : une baisse de revenus non déclarée, lors d’un départ à la retraite par exemple, et une naissance déclarée tardivement. « N’oubliez pas de déclarer vos changements de situation dès qu’ils se produisent dans votre espace en ligne, service “Gérer mon prélèvement à la source” », rappelle le communiqué n° 919 du ministère de l’Économie, publié le 22 juillet 2026.

Chômage, temps partiel, revenus fonciers : hors des soixante jours

Une perte d’emploi, un passage à temps partiel, l’arrêt d’une location ou un départ à la retraite ne figurent pas parmi les quatre événements soumis à ce délai. Ces situations relèvent de la modulation décrite plus haut, et non de la déclaration de changement de situation.

Taux nul, remboursement, solde : ce que l’été a déjà tranché

Certains foyers se voient appliquer un taux nul d’office. Deux conditions doivent être réunies : un impôt sur le revenu nul, avant imputation du prélèvement, au titre des deux dernières années d’imposition connues, et un revenu fiscal de référence de la dernière année d’imposition connue — le montant retenu par l’administration pour apprécier votre niveau de ressources — inférieur à un seuil par part de quotient familial.

Pour le taux applicable du 1ᵉʳ septembre 2026 au 31 août 2027, calculé sur les revenus de 2025, ce seuil s’établit à 29 574 € par part de quotient familial. L’administration en donne l’illustration suivante : 73 935 € pour un foyer de 2,5 parts. Le chiffre est propre à cette période de douze mois.

L’été 2026 a par ailleurs rappelé la distance qui sépare le taux prélevé de l’impôt réellement dû. « 12,6 millions de foyers vont bénéficier d’un remboursement de l’administration fiscale d’un montant moyen de 1057 € », indique le communiqué n° 919 du ministère de l’Économie, daté du 22 juillet 2026 ; les virements sont intervenus « dans la plupart des cas » les 24 ou 31 juillet 2026. Ces remboursements traduisent pour l’essentiel la prise en compte des réductions et des crédits d’impôt que le taux, lui, ignore.

Le même communiqué situe la mise à disposition des avis d’impôt 2026 dans l’espace Finances publiques entre fin juillet et début septembre 2026, et rappelle que l’envoi papier n’a plus lieu, sauf demande expresse formulée avant le 15 juin 2026.

Le taux de septembre n’est donc jamais le dernier mot : c’est une avance ajustée chaque année, que la déclaration suivante vient corriger. Pour toute situation particulière, seuls impots.gouv.fr et votre service des impôts des particuliers font foi.

À retenir

  • Le taux appliqué du 1ᵉʳ septembre 2026 au 31 août 2027 découle de vos revenus de 2025 : la substitution est automatique.
  • Le taux ignore les réductions et les crédits d’impôt ; ils interviennent à la régularisation de l’été suivant.
  • Le taux individualisé répartit la charge entre conjoints sur leurs seuls revenus personnels, les revenus communs restant au taux du foyer, et il ne diminue pas l’impôt du foyer.
  • L’option pour le taux par défaut protège une information, mais un complément de retenue à la source est dû si elle prélève moins que votre taux propre.
  • La modulation à la baisse suppose plus de 5 % d’écart sur le montant prélevé ; la hausse n’est soumise à aucune condition d’écart.
  • Mariage, PACS, naissance, décès, divorce : 60 jours pour déclarer, sauf les deux dispenses prévues pour les couples déjà pacsés.

FAQ — le taux de prélèvement à la source en septembre 2026

Pourquoi mon taux de prélèvement à la source change-t-il en septembre ?

Parce que la période de référence change. Du 1ᵉʳ janvier au 31 août, le taux repose sur les revenus de l’avant-dernière année ; du 1ᵉʳ septembre au 31 décembre, sur ceux de l’année précédente. Le taux issu de votre déclaration du printemps 2026 se substitue donc automatiquement au précédent et s’applique jusqu’au 31 août 2027, sans démarche de votre part.

Comment connaître à l’avance mon taux applicable au 1ᵉʳ septembre 2026 ?

Il figure sur votre avis d’impôt 2026 et dans votre espace Finances publiques, sur impots.gouv.fr, au service « Gérer mon prélèvement à la source ». Selon le communiqué n° 919 du ministère de l’Économie, les avis sont mis à disposition en ligne entre fin juillet et début septembre 2026 ; l’envoi papier n’a plus lieu, sauf demande formulée avant le 15 juin 2026.

Puis-je refuser que mon employeur connaisse mon taux ?

Vous pouvez opter à tout moment pour le taux par défaut, issu d’une grille publique et non de votre situation. L’option est reconduite tacitement, sauf dénonciation dans les trente jours suivant la communication d’un nouveau taux propre. Attention : si ce taux prélève moins que le vôtre, vous acquittez un complément de retenue à la source au fil des salaires.

Je me marie, j’attends un enfant : quand mon taux est-il recalculé ?

Le mariage, le PACS, la naissance, l’adoption ou le recueil d’un enfant mineur, le décès et le divorce se déclarent dans les 60 jours. Le taux modifié s’applique au plus tard le troisième mois suivant la déclaration. Pour un mariage ou un PACS, vous pouvez opter pour une prise d’effet au 1ᵉʳ janvier suivant.