Rouler sans casque en trottinette électrique peut déjà vous coûter 35 € ou 135 €, selon le département. À Paris et dans les trois départements de la petite couronne, un arrêté du préfet de police impose le casque et un gilet de haute visibilité ou un équipement rétro-réfléchissant depuis le 8 août 2026. Le Nord et le Pas-de-Calais exigent le casque depuis le 1ᵉʳ septembre. Les Yvelines imposent casque et gilet à partir du 15 septembre.
Aucune règle nationale ne généralise encore cette obligation. Le code de la route n’impose le casque que sur certaines routes hors agglomération, et le gouvernement étudie une extension sans avoir publié de texte. En attendant, c’est l’arrêté du département où vous roulez qui fixe l’équipement exigé et le montant de l’amende. Et ces arrêtés ne disent pas tous la même chose.
Le code de la route n’impose le casque que sur les routes hors agglomération
En ville, la règle nationale ne vous impose pas de casque en trottinette électrique. Plusieurs préfets l’imposent désormais par arrêté, et c’est ce trou qu’ils comblent. Le code de la route encadre les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards.
Le socle national tient en trois règles, telles que les restituent la fiche de service-public.fr sur les EDPM et les fiches pratiques consacrées au code de la route :
- l’âge — la conduite d’un EDPM est réservée aux personnes d’au moins 14 ans ;
- hors agglomération — selon service-public.fr, le casque et un vêtement ou équipement rétroréfléchissant sont obligatoires sur les routes limitées à 80 km/h où la circulation des EDPM est autorisée ; sur les pistes cyclables et les voies vertes, la règle nationale n’impose pas le casque ;
- en agglomération — aucune règle nationale n’impose le casque, et l’équipement rétro-réfléchissant n’est exigé que la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante.
Le libellé exact figure dans le code de la route, dont la version en vigueur sur Légifrance fait foi.
La logique de ce socle est celle de la vitesse. Sur une route hors agglomération limitée à 80 km/h, l’EDPM partage la chaussée avec des voitures qui roulent vite : c’est là que la règle nationale protège la tête du conducteur. La ville restait sans obligation. Or c’est désormais en ville que meurent la plupart des usagers d’EDPM. Selon le bilan provisoire 2025 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 60 d’entre eux ont été tués en agglomération, deux fois plus qu’en 2024.
Une obligation « déjà existante » n’empêchait donc pas de rouler tête nue là où se produisent la majorité des décès. Les arrêtés préfectoraux visent précisément cet espace.
Un arrêté préfectoral ajoute l’obligation en ville, département par département, depuis avril 2026
L’obligation dépend de l’endroit où vous roulez, pas de celui où vous habitez. Un préfet peut, par arrêté de police, ajouter une obligation locale à la règle nationale sur son département. Elle vaut sur ce territoire et s’arrête à sa limite.
Les premiers arrêtés ne sont pas parisiens. Le site service-public.fr donne la date des arrêtés qui ont précédé Paris, sans préciser leur date d’effet :
- 2 avril 2026 — Alpes-Maritimes ;
- 12 mai 2026 — Yonne, pour le casque et un équipement réfléchissant ;
- 8 juin 2026 — Vaucluse, pour le casque seul ;
- 2 juillet 2026 — Seine-et-Marne, pour le casque et le gilet.
Paris a suivi en août. L’arrêté du préfet de police n° 2026-00969, daté du 7 août 2026, s’applique à partir du 8 août. Il couvre Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Le préfet du Nord a fixé son obligation au 1ᵉʳ septembre 2026, comme la préfecture du Pas-de-Calais. Les Yvelines suivent le 15 septembre, avec l’arrêté n° 78-2026-09-07-00004.
Combien de territoires sont couverts ? Un décompte de presse arrêté au 1ᵉʳ septembre 2026 évoquait une vingtaine de départements et de communes. Ce n’est pas un recensement officiel. La liste bouge, et l’obligation des Yvelines prend effet deux semaines après ce décompte.
Pour un usager qui franchit une limite départementale, la règle change en route. Jusqu’au 14 septembre inclus, un trajet de Paris vers les Yvelines passe d’un casque obligatoire partout à un casque exigé par la seule règle nationale, donc sur les routes hors agglomération ouvertes aux EDPM. À partir du 15 septembre, les deux côtés imposent casque et gilet. L’amende affichée, elle, n’est pas la même.
D’un département à l’autre, l’équipement exigé, les heures et l’amende changent
Le même trajet n’exige pas le même équipement selon le département. Cinq territoires documentés par leurs préfectures se comparent à critères constants : le texte, sa date d’effet, les engins visés, l’équipement exigé, le lieu et l’heure, l’amende pour défaut de casque.
| Territoire | Texte et date d’effet | Engins et équipement exigé | Où et quand | Amende pour défaut de casque |
|---|---|---|---|---|
| Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne | Arrêté du préfet de police n° 2026-00969 du 7 août 2026, appliqué à partir du 8 août 2026 | Trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards et engins motorisés de même type ; casque et gilet de haute visibilité ou équipement rétro-réfléchissant | En permanence sur la voie publique | 135 € (4ᵉ classe) ; 35 € pour le défaut de gilet (2ᵉ classe) |
| Nord | Obligation fixée par le préfet du Nord, à compter du 1ᵉʳ septembre 2026 | EDPM, vélos et vélos à assistance électrique exclus ; casque conforme et attaché | Toutes voies ouvertes à la circulation publique, pistes cyclables comprises, en ville et hors agglomération, quel que soit l’âge | 35 € |
| Pas-de-Calais | Obligation fixée par la préfecture, depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 | Trottinettes électriques, monoroues, gyropodes, hoverboards ; casque | — | 35 € (2ᵉ classe), jusqu’à 150 € devant le tribunal de police |
| Yvelines | Arrêté n° 78-2026-09-07-00004, à compter du 15 septembre 2026 | EDPM ; casque et gilet de haute visibilité ou équipement rétro-réfléchissant | À toute heure | 150 € affichés par équipement manquant, classe non précisée par le communiqué |
| Seine-et-Marne | Arrêté n° 2026 CAB SESR 987, repère du 2 juillet 2026 selon service-public.fr | EDPM ; casque et gilet | De jour comme de nuit, en et hors agglomération | 35 € (2ᵉ classe) |
Un tiret signale un critère que les éléments consultés ne détaillent pas. Dans tous les cas, l’arrêté publié par la préfecture fait foi.
Le premier écart porte sur l’équipement. Le Vaucluse impose le casque seul, alors que service-public.fr range l’Yonne et les Alpes-Maritimes parmi les départements qui exigent aussi un équipement réfléchissant. Le Nord et le Pas-de-Calais visent le casque, le Nord en précisant qu’il doit être conforme et attaché. Paris, la Seine-et-Marne et les Yvelines ajoutent le gilet ou l’équipement rétro-réfléchissant.
La question pratique n’est donc pas seulement « faut-il un casque ? », mais « que faut-il porter ici ? ». Un usager en règle dans le Nord avec son seul casque ne l’est plus dans les Yvelines à partir du 15 septembre. Le gilet s’y ajoute.
Le deuxième écart porte sur l’heure et le lieu. La règle nationale n’exige l’équipement rétro-réfléchissant en ville que la nuit ou par visibilité insuffisante. Paris, la Seine-et-Marne et les Yvelines l’exigent aussi en plein jour. Le Nord, lui, étend le casque à toutes les voies, pistes cyclables comprises, et à tous les âges autorisés à conduire.
Le champ des engins, en revanche, ne varie pas. Tous ces arrêtés visent les EDPM : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards. Un usager de monoroue est concerné au même titre qu’un usager de trottinette. Un vélo, même à assistance électrique, n’entre pas dans leur champ, et le Nord l’écrit explicitement.
35 € ou 135 € : la classe de contravention fait l’écart, pas la gravité locale
Le montant de l’amende ne mesure pas la sévérité d’un préfet. Il découle de la classe de contravention retenue pour le défaut de casque :
- contravention de 2ᵉ classe — amende forfaitaire de 35 €, qui peut atteindre 150 € si l’affaire va devant le tribunal de police ; c’est le régime du Pas-de-Calais et de la Seine-et-Marne, et le Nord affiche le même montant de 35 € ;
- contravention de 4ᵉ classe — amende forfaitaire de 135 € ; c’est le régime retenu pour le casque à Paris et en petite couronne.
À Paris, les deux équipements ne relèvent pas de la même classe. Le défaut de casque est une contravention de 4ᵉ classe, à 135 €. Le défaut de gilet ou d’équipement rétro-réfléchissant reste en 2ᵉ classe, à 35 €. Le même oubli du casque coûte donc près de quatre fois plus cher à Paris que dans le Nord.
Les Yvelines affichent un troisième chiffre : 150 € par équipement manquant. Ce n’est pas un forfait plus lourd qu’à Paris. 150 € est le montant maximal d’une contravention de 2ᵉ classe, celui qu’un tribunal de police peut prononcer. Le communiqué de la préfecture ne précise pas la classe retenue par l’arrêté n° 78-2026-09-07-00004. Lu avec le barème, ce chiffre désigne un plafond, pas une amende forfaitaire de 150 €.
Un montant affiché se lit donc avec sa classe. 35 € et 150 € peuvent désigner la même contravention, à deux stades différents de la procédure.
79 morts en 2025, dont la majorité en ville : les chiffres qui motivent les préfets
Les usagers d’EDPM tués restent peu nombreux dans le total des morts sur la route. Leur mortalité est pourtant celle qui a le plus progressé entre 2019 et 2025. Le bilan définitif 2025 de l’ONISR, publié le 29 mai 2026, compte 79 tués en EDPM. C’est 34 de plus qu’en 2024, soit une hausse de 75,6 %. Sur 3 515 morts au total, ils pèsent un peu plus de 2 %.
La pente se lit sur six ans. L’ONISR comptait 10 tués en EDPM en 2019 et 45 en 2024 : le chiffre de 2025 est presque huit fois celui de 2019. Cette progression suit la diffusion de l’engin, que la préfecture du Nord évalue à 2,5 millions d’usagers réguliers en France. Environ 1 200 blessés graves s’y ajoutent en 2025, en hausse de 39 % selon le bilan définitif.
Les ventilations fines viennent du bilan provisoire publié le 30 janvier 2026, qui comptait alors 80 tués. Trois sur quatre l’ont été en agglomération : 60 tués, deux fois plus qu’en 2024. Deux tiers avaient entre 18 et 44 ans, et 71 étaient des hommes.
L’échelle du risque apparaît quand ces chiffres sont rapportés au temps passé sur la route. Cyclistes et usagers d’EDPM réunis représentent 2 % des temps de déplacement. Ils comptent pourtant pour 9 % des tués, 24 % des blessés graves et 32 % des blessés gardant des séquelles un an après, selon le bilan provisoire. Leur part des blessés graves est douze fois leur part du temps de trajet.
Chaque préfecture motive son arrêté avec ses propres chiffres :
- Nord — accidents d’EDPM multipliés par 15 et blessés hospitalisés par 30 entre 2019 et 2025 ;
- Pas-de-Calais — accidents multipliés par 10 et hospitalisations par 28 entre 2021 et 2025, puis 42 accidents, 45 blessés et 20 hospitalisés en 2026, à la date de la page préfectorale du 4 septembre ;
- Yvelines — 59 accidents en 2025 contre 23 en 2024, 3 morts et 58 blessés ;
- Seine-et-Marne — 45 accidents du 1ᵉʳ janvier au 2 juillet 2026, 1 mort et 51 blessés.
Deux de ces préfectures relèvent aussi le port du casque chez les victimes. Dans les Yvelines, 14 % des victimes étaient casquées. En Seine-et-Marne, 5 usagers l’étaient sur 45 accidents. Ces proportions décrivent qui portait un casque parmi les accidentés. Elles ne mesurent pas, à elles seules, combien de décès le casque éviterait.
Une règle nationale remplacerait la carte des arrêtés, mais le vélo divise
Une annonce ne crée aucune obligation. À la mi-septembre 2026, aucune règle nationale généralisant le casque n’a été adoptée. Tant qu’aucun texte n’est publié au Journal officiel de la République française (JORF), seule compte la règle du département où vous circulez.
Le chantier est ouvert depuis début août 2026. Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a demandé à la Sécurité routière d’étudier un casque obligatoire pour les trottinettes et les cyclistes. La demande vise toutes les circonstances et tout le territoire. D’après Le Monde, le gouvernement veut imposer le casque aux utilisateurs de trottinettes électriques, mais peine à étendre l’obligation aux cyclistes.
Pour les EDPM, une règle nationale remplacerait la carte actuelle par une obligation unique. Un usager n’aurait plus à savoir s’il roule à Paris, où le défaut de casque coûte 135 €, ou en Seine-et-Marne, où il coûte 35 €. Une seule amende s’appliquerait sur tout le territoire.
Le vélo relève d’un autre régime, et c’est sur lui que l’extension bute. Au niveau national, le casque n’y est obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Les arrêtés préfectoraux ne changent rien pour les cyclistes, y compris à assistance électrique. Le bilan définitif 2025 compte 235 cyclistes tués.
Deux associations portent les positions en présence. La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) s’oppose à un casque obligatoire à vélo et plaide pour des aménagements. La Ligue contre la violence routière soutient la mesure.
La préfecture de votre département publie l’arrêté, sa date d’effet et l’amende
La source qui tranche pour votre trajet est la préfecture du département traversé. Chaque arrêté y est publié, dans la rubrique actualités du site ou dans le recueil des actes administratifs. Trois informations s’y vérifient :
- la date d’effet, qui déclenche l’obligation, et non la date de l’annonce ;
- l’équipement exigé, casque seul ou casque et gilet, avec les heures concernées ;
- la classe de contravention, qui fixe l’amende : 35 € en 2ᵉ classe, 135 € en 4ᵉ classe.
Des communes ont aussi pris des arrêtés : l’absence de mesure préfectorale ne suffit pas à conclure qu’aucune règle locale ne s’applique. Pour un trajet de Paris vers les Yvelines, cela fait deux arrêtés à lire, deux dates d’effet et deux barèmes.
Questions fréquentes
Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique à Paris ?
Oui. L’arrêté du préfet de police n° 2026-00969 du 7 août 2026, appliqué à partir du 8 août, impose le casque aux conducteurs d’EDPM à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. Il exige aussi un gilet de haute visibilité ou un équipement rétro-réfléchissant, en permanence sur la voie publique. Le défaut de casque y coûte 135 €, le défaut de gilet 35 €.
Le casque en trottinette électrique est-il obligatoire ailleurs qu’à Paris ?
Cela dépend du département où vous roulez. Le code de la route n’impose le casque que sur certaines routes hors agglomération. Plusieurs préfets l’imposent pourtant par arrêté : le Nord et le Pas-de-Calais depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, les Yvelines à partir du 15 septembre, ainsi que la Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes, l’Yonne et le Vaucluse. La liste évolue, et l’arrêté se vérifie sur le site de la préfecture du département concerné.
Quel est le montant de l’amende pour défaut de casque en trottinette électrique ?
Il dépend de la classe de contravention retenue. À Paris et en petite couronne, le défaut de casque est une contravention de 4ᵉ classe, à 135 €. Dans le Pas-de-Calais et en Seine-et-Marne, c’est une contravention de 2ᵉ classe, à 35 €, qui peut atteindre 150 € devant le tribunal de police ; le Nord affiche aussi 35 €. Les 150 € par équipement manquant annoncés dans les Yvelines, dont le communiqué ne précise pas la classe, correspondent au plafond de la 2ᵉ classe, pas à une amende forfaitaire.
Les arrêtés sur le casque concernent-ils les vélos ?
Non. Les arrêtés préfectoraux visent les EDPM : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et hoverboards. Les vélos, y compris à assistance électrique, restent hors de leur champ. À vélo, le casque n’est obligatoire au niveau national que pour les enfants de moins de 12 ans, et son extension aux cyclistes n’a pas été adoptée.
À partir de quel âge peut-on conduire une trottinette électrique, et que prévoit la règle nationale ?
La conduite d’un EDPM est réservée aux personnes d’au moins 14 ans. Au niveau national, selon service-public.fr, le casque et un vêtement ou équipement rétroréfléchissant sont obligatoires sur les routes hors agglomération limitées à 80 km/h où ces engins sont autorisés. Sur les pistes cyclables et les voies vertes, la règle nationale n’impose pas le casque, mais un arrêté préfectoral peut l’exiger : dans le Nord, il vaut sur toutes les voies, pistes cyclables comprises. Aucune règle nationale ne généralise le casque en ville : seuls les arrêtés locaux l’imposent, là où ils existent.
