Un Russe peut toujours obtenir un visa Schengen. Ce qui a changé depuis 2022, c’est le chemin pour y arriver. Trois couches de règles se sont empilées, chacune avec son auteur, sa date et sa force juridique. Le Conseil de l’Union européenne a supprimé le régime préférentiel en septembre 2022. La Commission européenne a publié la même année des lignes directrices non contraignantes pour les consulats. En novembre 2025, elle a réservé le visa à entrées multiples aux professionnels du transport et aux proches de citoyens de l’Union ou de Russes qui y résident légalement. Pour un touriste résidant en Russie, cela signifie un dossier et des frais à chaque voyage.

Une quatrième couche est en préparation, mais elle n’existe pas encore. Selon Politico Europe, dont l’article du 11 octobre 2026 est connu par ses reprises, des responsables européens attendent une proposition début 2027. Aucun texte n’est publié. Cette strate suppose d’abord de modifier le code des visas, ce qui relève du Parlement européen et du Conseil, puis d’activer le mécanisme contre un pays. Aucune date d’application ne peut être donnée aujourd’hui.

Depuis septembre 2022, les Russes demandent leur visa au droit commun, à 90 euros aujourd’hui

Un demandeur russe paie son visa de court séjour au même prix que n’importe quel ressortissant d’un pays soumis à visa, qu’il soit indien ou marocain. Ce n’est pas une sanction tarifaire. C’est la fin d’un traitement de faveur.

Jusqu’en 2022, les Russes bénéficiaient d’un accord de facilitation de la délivrance des visas entre l’Union européenne et la Russie. Une première suspension, partielle, date du 25 février 2022 (décision (UE) 2022/333). Le Conseil de l’Union européenne a ensuite suspendu l’accord en totalité par la décision (UE) 2022/1500 du 9 septembre 2022, qui abroge la suspension partielle. La date qui compte pour un demandeur est le 12 septembre 2022 : c’est ce jour-là que la décision produit ses effets.

Depuis, les demandeurs russes relèvent des règles générales du code des visas, le règlement (CE) n° 810/2009. Le cabinet d’avocats luxembourgeois Arendt & Medernach en a détaillé les effets concrets en septembre 2022 :

  • les frais passent du tarif réduit de 35 euros au droit commun de 80 euros ;
  • le délai de décision passe de 10 à 15 jours, et peut s’étendre jusqu’à 45 jours en cas d’examen approfondi ;
  • les justificatifs suivent la liste complète de l’annexe II du code des visas ;
  • le visa à entrées multiples n’est plus accessible automatiquement à certaines catégories de voyageurs.

Le passage de 80 à 90 euros n’a rien à voir avec la Russie. La Commission a relevé de 12 % le droit de visa Schengen de court séjour pour tous les demandeurs, à compter du 11 juin 2024. Un adulte paie 90 euros, un enfant de 6 à moins de 12 ans 45 euros, comme l’a annoncé le gouvernement slovène lors de la hausse. Pour un adulte russe, le visa coûte ainsi deux fois et demie le tarif de l’accord de facilitation. L’essentiel de l’écart tient au retour au droit commun, le reste à une hausse générale.

La formalité reste un visa, délivré par un consulat après examen d’un dossier. Elle ne se confond pas avec l’autorisation de voyage ETIAS (système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages), qui relève d’un autre dispositif.

Les lignes directrices de 2022 laissent chaque consulat durcir l’examen à sa manière

Deux demandes identiques peuvent recevoir un traitement différent selon le consulat qui les examine. La deuxième strate l’explique. Le 30 septembre 2022, la Commission européenne a publié des lignes directrices (C(2022) 7111 final) sur la délivrance de visas aux demandeurs russes et sur les contrôles aux frontières de l’espace Schengen visant les citoyens russes. Ces lignes directrices ne sont pas contraignantes.

Elles orientent les consulats sans les obliger. D’après Arendt & Medernach, elles encouragent les États membres à :

  • utiliser l’allongement du délai de décision jusqu’à 45 jours ;
  • demander des justificatifs supplémentaires ;
  • envisager des visas de validité plus courte, ou à entrée unique.

Chaque État a appliqué cette doctrine à sa façon. C’est cette fragmentation que visent aujourd’hui les pays qui réclament des mesures contraignantes. Un demandeur éconduit par un consulat strict pouvait tenter sa chance auprès d’un consulat plus ouvert. La décision de 2025 en tire la conséquence : elle exige une application stricte de la compétence territoriale des consulats, prévue à l’article 6, paragraphe 1, du code des visas, pour éviter ce contournement. Les lignes directrices restent la référence pour les demandes déposées hors de Russie.

Depuis novembre 2025, l’entrée multiple est réservée aux proches et aux transporteurs

Un touriste russe qui réside en Russie doit désormais déposer un dossier, et payer les frais, pour chaque voyage dans l’espace Schengen. Le visa à entrée unique reste délivré. C’est le visa à entrées multiples, valable pour plusieurs séjours, que la troisième strate encadre.

La règle vient de la décision d’exécution C(2025) 7552 de la Commission européenne, signée par le commissaire Magnus Brunner. Le texte est daté du 6 novembre 2025, et la Commission l’a rendu public le 7. Il se fonde sur l’article 24(2d) du code des visas.

Par dérogation à l’article 24(2) du code des visas, l’article 2 de la décision ne laisse le visa à entrées multiples qu’à deux groupes :

  • les proches parents d’un citoyen de l’Union ou d’un Russe résidant légalement dans un État membre : conjoint ou partenaire enregistré, enfants y compris adoptés, enfants du conjoint de moins de 21 ans, parents. Le visa vaut alors un an. Il faut avoir obtenu et utilisé légalement trois visas au cours des deux années précédentes ;
  • les travailleurs du transport voyageant à titre professionnel : marins, chauffeurs de camion et de bus, membres d’équipage ferroviaire. Le visa vaut neuf mois. Il faut avoir obtenu et utilisé légalement deux visas en deux ans.

Dans les deux cas, la validité s’arrête trois mois avant l’expiration du passeport si elle devait la dépasser (article 2, paragraphe 2). Avec un passeport qui expire dans dix mois, un visa d’un an s’arrête donc au bout de sept mois. La condition d’historique compte autant que la catégorie : un proche qui n’a jamais voyagé dans l’espace Schengen ne la remplit pas.

Le texte laisse deux marges aux États. Dans des cas justifiés, ils peuvent toujours délivrer un visa à entrées multiples valable jusqu’à cinq ans, au titre de l’article 24(2c). Le considérant 5 cite les dissidents, les journalistes indépendants, les défenseurs des droits humains, les représentants de la société civile et leurs proches. Les États peuvent aussi raccourcir la durée de validité au cas par cas, en vertu de l’article 24(2a).

La Commission justifie ce durcissement par l’évaluation menée dans le cadre de la coopération Schengen locale en Russie. Le considérant 1 énumère quatre risques :

  • l’instrumentalisation des migrations ;
  • les sabotages sur le territoire des États membres et en mer Baltique ;
  • l’espionnage ;
  • l’usage possible des visas à des fins de propagande.

Le texte a pu être adopté sans nouvelle loi, parce que le code des visas habilite déjà la Commission à adapter les règles d’entrée multiple pour un pays. Les États membres n’en sont pas absents. Les mesures sont conformes à l’avis du comité institué par l’article 52(1) du code des visas, où ils siègent (considérant 13).

La décision est adressée à 25 États membres, dont la France. Elle lie aussi l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, parce qu’elle développe l’acquis de Schengen. Le Danemark l’applique au titre du droit international. L’Irlande n’y participe pas.

Le texte de 2025 vise les Russes résidant en Russie et déposant leur demande sur place

La décision de 2025 ne vise pas tous les Russes. Elle s’applique aux demandes de visa de court séjour quand trois critères sont réunis (article 1) :

  1. le demandeur a la nationalité russe ;
  2. il réside en Russie ;
  3. il dépose sa demande auprès d’un consulat d’un État membre situé en Russie.

Si l’un des trois manque, c’est une autre strate qui joue. Une demande déposée hors de Russie relève des lignes directrices de 2022 (considérant 4). Un ressortissant d’un autre pays soumis à visa, qui réside en Russie sans avoir la nationalité russe, reste sous les règles générales du code des visas (considérant 3). Pour un résident de Russie, le détour par un consulat installé dans un pays voisin est précisément ce que l’exigence de compétence territoriale cherche à empêcher.

Pour une famille franco-russe, le texte ménage deux soupapes. La première est la catégorie des proches parents de citoyens de l’Union, avec ses conditions d’historique. La seconde est une réserve : la décision n’affecte pas la directive 2004/38/CE sur la libre circulation (considérant 6). Cette directive étend le droit de circuler aux membres de la famille d’un citoyen de l’Union, quelle que soit leur nationalité, lorsqu’ils l’accompagnent ou le rejoignent. Elle protège ce membre de famille quand le citoyen de l’Union exerce lui-même sa liberté de circulation.

Ces deux soupapes ne valent pas promesse de visa. Leur application à un conjoint, à un enfant ou à un salarié invité relève de l’examen du consulat compétent. France-Visas et ce consulat sont les interlocuteurs pour une situation précise, et entrer dans une catégorie ne garantit pas la délivrance d’un visa à entrées multiples.

Six à huit fois moins de visas qu’avant la guerre selon le décompte, et la France en tête des pays émetteurs

Les visas délivrés aux Russes ont fortement baissé, mais ils remontent. Avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’espace Schengen en délivrait en moyenne environ quatre millions par an, selon Euronews. Pour 2025, deux décomptes circulent. Selon des chiffres d’Euractiv relayés par la presse, l’espace Schengen en a délivré un peu plus de 620 000, dont 477 000 pour du tourisme. La Commission, citée par Euronews, avance environ un demi-million. C’est six à huit fois moins qu’avant la guerre, selon le décompte retenu. D’après Euractiv, c’est aussi 10,2 % de plus qu’en 2024.

Politico, cité par ses reprises, compte environ 478 000 visas touristiques, dont une proportion significative à entrées multiples. Cette catégorie est justement celle que la décision de novembre 2025 a restreinte. Adoptée le 6 novembre, elle n’a pu jouer que sur les dernières semaines de l’année mesurée : les chiffres de 2025 décrivent pour l’essentiel la situation antérieure.

Trois pays portent l’essentiel des volumes. Selon Euronews, la France a délivré un peu moins de 180 000 visas à des Russes en 2025, en nette hausse. L’Italie en a délivré un peu moins de 160 000, l’Espagne un peu moins de 100 000. À eux trois, ces pays accordent la majorité des visas obtenus par des Russes.

Cette remontée nourrit la demande de durcissement. En juin 2026, onze pays emmenés par la Suède ont demandé par lettre des mesures restrictives et contraignantes, au plus vite. Ils réclament aussi des statistiques régulières sur les visas délivrés aux Russes. Les signataires sont la Tchéquie, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne et la Suède. Deux d’entre eux, l’Islande et la Norvège, appartiennent à l’espace Schengen sans être membres de l’Union. La France, l’Italie et l’Espagne ne figurent pas parmi les signataires.

Les critiques de l’initiative, rapportées par Euronews, avancent deux arguments. La France, l’Italie et l’Espagne délivrent davantage de visas parce qu’elles traitent davantage de demandes. Les responsables de la guerre sont, eux, déjà visés par des sanctions individuelles.

Jeune jolie femme blonde tenant un passeport à l'extérieur montrant un signe ok avec les doigts

La strate suivante exige de modifier le code des visas avant toute activation

La prochaine restriction ne pourra pas prendre la forme d’une simple décision de la Commission. Le texte de 2025 reposait sur une habilitation existante, l’article 24(2d), qui permet d’adapter les règles d’entrée multiple pour un pays. Refuser tout visa non essentiel à une nationalité dépasse cette habilitation. Il faut d’abord modifier le règlement (CE) n° 810/2009 lui-même, ce qui relève du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne.

Le chantier est ouvert depuis le 29 janvier 2026. Ce jour-là, la Commission a adopté la première stratégie de l’Union en matière de visas. Elle y annonçait une révision du code des visas et de possibles mesures ciblées pour suspendre, refuser ou restreindre des demandes, en réponse à des actions hostiles de pays tiers. Le communiqué ne nommait aucun pays et situait la révision en 2026. Le 5 juin 2026, le porte-parole de la Commission, Markus Lammert, a situé la proposition l’année suivante : « Nous proposerons d’introduire des mesures restrictives ciblées en matière de visas pour mieux répondre aux risques de sécurité […] Cela s’inscrit dans la révision du code des visas l’année prochaine. » Le calendrier a donc glissé.

Le contenu possible de cette révision est connu par un document de travail. Le 21 avril 2026, les services de la Commission ont adressé au groupe « Visas » du Conseil une note de discussion, le document 8395/26. Classé LIMITE, il n’est pas public : c’est l’organisation non gouvernementale Statewatch qui l’a rendu accessible. Il présente les mesures restrictives en matière de visas comme un nouvel instrument à inscrire dans le code des visas. Il se termine par des questions aux États membres sur les groupes visés, le déclenchement, la procédure, la durée et la révision. Ce n’est pas une proposition législative.

La note dessine un interrupteur plutôt qu’une interdiction. La loi créerait la possibilité de cibler une catégorie de demandeurs, et la Commission l’activerait ensuite par un acte d’exécution. Les pistes soumises aux États sont les suivantes :

  • trois catégories possibles :
    • les titulaires de passeports diplomatiques ou de service liés à un État hostile ;
    • les combattants actuels ou anciens impliqués dans une agression ou des crimes de guerre, avec l’exemple des combattants russes ;
    • tous les demandeurs d’un pays donné voyageant pour un motif non essentiel, comme le tourisme ou la visite à la famille ou aux amis ;
  • un déclenchement sur proposition de la Commission, appuyée sur des rapports de renseignement, des conclusions du Conseil ou des évaluations de menace, ou à la demande d’États membres, par exemple à la majorité simple ;
  • une adoption par acte d’exécution après avis favorable des États en comité, sur le modèle du mécanisme de suspension de l’exemption de visa ;
  • une durée limitée : révision régulière et expiration automatique, au bout d’un an par exemple, sauf renouvellement ;
  • un recours devant les juridictions nationales ;
  • des exemptions à définir dans l’acte déclencheur : défenseurs des droits humains, journalistes, acteurs de la société civile, cas médicaux ou humanitaires, étudiants, chercheurs et échanges culturels sans lien avec les régimes hostiles.

Un choix de la note pèse durablement sur le demandeur. Elle privilégie le refus de la demande plutôt que son irrecevabilité, au motif de l’article 32(1)(a)(vi) du code : une menace pour l’ordre public ou les relations internationales. La raison tient à la trace laissée. Un refus est enregistré dans le système d’information sur les visas (VIS), avec les données biométriques, et tous les États Schengen peuvent le consulter. Retenter sa chance ailleurs, ou avec un autre passeport, devient visible, dans la logique de traçabilité qui inspire aussi l’enregistrement biométrique aux frontières (EES).

Ces catégories, ces exemptions et cette procédure restent des hypothèses de travail. Elles ne préjugent pas du contenu de la future proposition, qui n’est pas publiée.

Une proposition attendue début 2027, puis deux législateurs et un acte d’exécution

Janvier 2027, la date qui circule pour la suite, désigne au mieux le dépôt d’une proposition par la Commission. Selon Politico Europe, dont l’article du 11 octobre 2026 est connu par ses reprises chez Ukrinform et Ukrainska Pravda, des responsables de l’Union finaliseraient un durcissement des règles de visas touristiques pour les Russes. Les propositions seraient attendues début 2027. Le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer, évoque un lancement en janvier. Le contenu précis n’est pas divulgué, et aucun texte n’est publié au 12 octobre 2026.

Selon Ukrainska Pravda, le commissaire Magnus Brunner a appelé les États membres à délivrer moins de visas aux citoyens russes. Il constate que leur nombre ne baisse plus. Le ministre estonien des Affaires étrangères a proposé d’interdire l’entrée des anciens militaires russes, une piste rapportée par la presse dont le statut n’est pas établi.

Entre une proposition et une restriction opposable à un voyageur, trois étapes restent à franchir :

  1. la Commission dépose sa proposition de révision du code des visas ;
  2. le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne la négocient et l’adoptent, comme le règlement qu’elle modifie ;
  3. si le mécanisme est adopté, un acte d’exécution doit encore l’activer contre la Russie, après avis des États.

Seule la première étape a un horizon connu. Aucune date d’application ne peut donc être avancée, et les règles opposables à un demandeur restent celles des trois strates en vigueur.

Un autre dossier avance en parallèle, sur un autre instrument. Depuis janvier 2026, au titre du 19ᵉ paquet de sanctions, les diplomates russes doivent notifier au moins 24 heures à l’avance tout déplacement ou transit vers un autre État membre. Des restrictions supplémentaires sont discutées entre États, à un stade précoce selon Euronews. La logique de sécurité est la même : sabotages, espionnage, instrumentalisation des migrations. L’outil diffère : les sanctions de politique étrangère pour les diplomates, le code des visas pour les voyageurs ordinaires.

Quatre strates de règles, dont une seule encore à l’état de projet

Quatre strates de règles pour un demandeur de visa russe
DateAuteurNature du texteEffet pour le demandeurStatut
9 septembre 2022, effets au 12 septembreConseil de l’Union européenneDécision (UE) 2022/1500, suspension totale de l’accord de facilitationDroit commun du code des visas : frais, délais, justificatifsEn vigueur
30 septembre 2022Commission européenneLignes directrices C(2022) 7111 final, non contraignantesExamen plus approfondi, variable selon les consulats ; référence hors de RussiePubliées, appliquées par chaque État à sa façon
6 novembre 2025, rendue publique le 7Commission européenne, après avis des États en comitéDécision d’exécution C(2025) 7552Entrées multiples réservées aux proches et aux transporteurs, sauf cas justifiésAdoptée
Note du 21 avril 2026 ; proposition attendue début 2027Commission (proposition), Parlement et Conseil (adoption)Révision du code des visas, puis acte d’exécutionPistes de discussion : refus possible de catégories de demandeursProjet, aucun texte publié

Le trajet inverse, celui d’un voyageur français vers la Russie, obéit à d’autres règles, présentées dans l’article consacré au fait de voyager en Russie. Pour un demandeur russe, la question utile porte sur les trois premières lignes : sa nationalité, son lieu de résidence et le consulat où il dépose son dossier décident de la strate qui s’applique.

Questions fréquentes

Un Russe peut-il encore obtenir un visa Schengen ?

Oui. Aucun texte européen n’interdit la délivrance de visas aux Russes. Les visas à entrée unique restent délivrés. Pour un Russe qui réside en Russie et y dépose sa demande, la décision d’exécution de la Commission du 6 novembre 2025 réserve le visa à entrées multiples aux travailleurs du transport et aux proches de citoyens de l’Union ou de Russes qui y résident légalement, avec des exceptions possibles au cas par cas.

Combien coûte un visa Schengen pour un ressortissant russe ?

Le même prix que pour tout demandeur soumis à visa : 90 euros pour un adulte et 45 euros pour un enfant de 6 à moins de 12 ans, depuis le 11 juin 2024. Le tarif réduit de 35 euros prévu par l’accord de facilitation UE-Russie a disparu le 12 septembre 2022, avec la suspension totale de cet accord.

Le conjoint russe d’un citoyen français est-il concerné par les règles de 2025 ?

Oui, s’il réside en Russie et dépose sa demande dans un consulat situé en Russie. Le conjoint d’un citoyen de l’Union fait partie des proches parents qui peuvent encore se voir délivrer un visa à entrées multiples, valable un an, à condition d’avoir obtenu et utilisé légalement trois visas en deux ans. La décision ne touche pas à la directive 2004/38/CE, qui protège les membres de la famille d’un citoyen de l’Union exerçant sa liberté de circulation. L’application à un cas précis relève du consulat compétent et de France-Visas.

La restriction en projet s’applique-t-elle déjà ?

Non. Aucun texte n’est publié au 12 octobre 2026. La proposition de la Commission est attendue début 2027, selon des responsables européens et le ministre suédois de la Justice cités par la presse. Elle devra ensuite être adoptée par le Parlement européen et le Conseil, puis activée contre la Russie par un acte d’exécution. Aucune date d’application n’existe aujourd’hui.

Qui décide des règles de visa applicables aux Russes ?

Cela dépend de la strate. Le Conseil de l’Union européenne a suspendu l’accord de facilitation en 2022. La Commission européenne a publié les lignes directrices de 2022 et adopté la décision de 2025, après avis des États membres réunis en comité. Une modification du code des visas relève du Parlement européen et du Conseil.