Aucun barème français n’appliquera tel quel le 3 % d’inflation de septembre. Ce chiffre est d’abord provisoire. L’Insee l’a publié le 30 septembre 2026 comme une estimation de fin de mois, et le définitif paraîtra le 15 octobre. Sur un an, les prix augmentent de 3,0 %, après 2,4 % en août.

L’énergie en porte un peu plus de la moitié : environ 1,6 point sur 3, selon un calcul approché à partir des pondérations publiées. Votre Livret A, votre pension, votre loyer et le Smic ne suivent pas ce 3,0 %. Ils lisent une autre version de l’indice ou le lissent sur plusieurs mois, et chacun se déclenche à sa propre date.

Un indice provisoire calculé en fin de mois, confirmé ou corrigé le 15 octobre

Le 3,0 % peut encore bouger, vraisemblablement d’un dixième de point plutôt que d’un point. L’Insee publie une estimation provisoire en fin de mois, puis des résultats définitifs le mois suivant. Pour septembre, ce sera le 15 octobre 2026 à 8 h 45.

Le précédent d’août donne l’ordre de grandeur d’une révision. L’indice des prix à la consommation (IPC) d’août a été confirmé au définitif. L’indice harmonisé, lui, a été corrigé de 0,1 point à la baisse. D’ici au 15 octobre, le 3,0 % reste donc une estimation, pas un chiffre arrêté.

Le champ compte aussi. L’indice couvre la France hors Mayotte : il ne mesure pas les prix à Mayotte, et le 3,0 % ne s’y transpose pas.

Ce 3 % ne décrit pas non plus votre propre dépense. L’IPC suit le prix d’un panier fixe, pondéré selon la consommation moyenne des ménages. Les pondérations sont révisées chaque année, et ce sont celles de 2026 qui s’appliquent ici. Un foyer qui roule beaucoup ou se chauffe au gaz subit une inflation supérieure. Un foyer peu exposé à l’énergie connaît une inflation inférieure.

L’Insee mesure cet écart pour une catégorie de ménages. En août, les prix hors tabac des ménages du premier quintile de niveau de vie, les 20 % les plus modestes, montaient de 2,8 % sur un an. L’IPC hors tabac de l’ensemble montait de 2,3 %.

Sur 3 points d’inflation provisoire, environ 1,6 viennent de l’énergie, qui pèse moins de 8 % du panier

L’énergie pèse 764 sur 10 000 dans le panier de 2026, soit 7,64 % : à peu près un euro sur treize dépensés. Ses prix montent de 21,2 % sur un an en septembre, après 16,7 % en août. Rapporté à son poids, ce glissement apporte environ 1,6 point aux 3,0 % de l’ensemble. Un poste qui pèse un euro sur treize fait donc un peu plus de la moitié de l’inflation.

L’Insee attribue cette hausse aux produits pétroliers et au gaz. L’AFP la rattache à la guerre en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz fin février 2026, et rapporte qu’auparavant l’inflation tournait autour de 1 % sur un an. Les dispositifs propres à chaque énergie sont détaillés dans les articles sur le prix repère du gaz en octobre, sur les stocks de gaz et la facture de l’hiver et sur l’aide carburant de 100 €.

Le pourcentage d’un poste ne dit pas son poids dans le total. Les produits frais grimpent de 9,9 % sur un an, après 5,9 % en août. C’est le glissement le plus spectaculaire après l’énergie. Mais ils ne pèsent que 170 sur 10 000, soit 1,7 % du panier : ils apportent moins de 0,2 point.

Les services montent seulement de 2,2 %. Ils font pourtant plus de la moitié du panier, 5 195 sur 10 000. Ils apportent ainsi environ 1,1 point, plus de six fois la contribution des produits frais. Un petit poste qui flambe pèse peu ; un gros poste qui monte doucement pèse beaucoup.

Ces contributions sont un calcul de la rédaction, pas une donnée de l’Insee : la pondération 2026 multipliée par le glissement annuel. L’estimation provisoire ne publie pas de contributions par poste. Le calcul exact tiendrait compte de l’évolution des prix relatifs depuis décembre et du passage des pondérations de 2025 à celles de 2026. Additionnées, les contributions approchées retombent pourtant sur environ 3,0 points. L’ordre de grandeur est solide ; la décimale ne l’est pas.

Inflation de septembre 2026 (provisoire) : poids de chaque poste et contribution approchée, calcul de la rédaction
PostePondération 2026 (sur 10 000)Glissement sur un an en septembre (août)Contribution approchée (points)
Énergie764+21,2 % (+16,7 %)environ 1,6
Services5 195+2,2 % (+1,9 %)environ 1,1
Alimentation1 485+1,5 % (+1,1 %)environ 0,2
dont produits frais170+9,9 % (+5,9 %)environ 0,17
dont autres produits alimentaires1 315+0,4 % (+0,4 %)inclus dans l’alimentation
Tabac168+3,3 % (+3,3 %)environ 0,06
Produits manufacturés2 388-0,3 % (-0,4 %)environ -0,07
Ensemble10 000+3,0 % provisoire (+2,4 %)environ 3,0

Le choc reste concentré : l’inflation sous-jacente recule à 1,1 % en août

Hors énergie et produits frais, les prix montent peu. Les produits manufacturés baissent encore de 0,3 % sur un an en septembre, après -0,4 % en août. Les services passent de 1,9 % à 2,2 %. Les autres produits alimentaires restent à +0,4 %, le tabac à +3,3 %.

L’inflation sous-jacente confirme cette lecture pour août, dernier mois connu. Cet indicateur de l’Insee retire les prix volatils, comme l’énergie et les produits frais, ainsi que les tarifs publics. Il ne montait que de 1,1 % sur un an en août, après 1,3 % en juillet. Il reculait donc alors que l’inflation d’ensemble atteignait 2,4 %.

Un choc d’énergie reste concentré sur quelques postes. Une inflation installée se lit dans l’ensemble des prix, y compris ceux que l’indicateur sous-jacent conserve. Les données d’août et de septembre décrivent le premier cas. Elles ne permettent pas de prédire combien de temps il durera.

Les prix baissent de 0,3 % sur un mois et l’inflation annuelle monte quand même

Un mois de baisse ne signale pas un reflux. Sur un mois, les prix reculent de 0,3 % en septembre, après +0,7 % en août. Le recul vient des services, qui baissent après l’été dans les transports et l’hébergement. La hausse de l’énergie, produits pétroliers et gaz, compense une grande partie de ce repli. L’alimentation augmente pour le troisième mois de suite, tirée par les produits frais.

Le glissement annuel compare septembre 2026 à septembre 2025, pas à août. Or en septembre 2025, la baisse saisonnière des services dans l’hébergement et les transports avait été plus marquée, selon l’Insee. Le point de comparaison était donc plus bas, et l’écart sur un an s’élargit. C’est l’effet de base : le mois de référence compte autant que le mois mesuré.

L’Insee cite trois moteurs à l’accélération sur un an. Il y a l’énergie, les produits frais, et ces services dont les baisses de rentrée sont moins fortes qu’un an plus tôt. Le -0,3 % mensuel et le +3,0 % annuel décrivent le même mois sous deux angles.

Femme utilisant une balance numérique dans une épicerie

3,4 % au sens européen : la santé remboursée et l’énergie creusent l’écart

Le 3,4 % publié à côté du 3,0 % n’entre dans aucun des mécanismes d’indexation décrits ici. C’est l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Il augmente de 3,4 % sur un an en septembre, après 2,6 % en août, et recule de 0,4 % sur un mois. Comme l’IPC, il reste provisoire jusqu’au 15 octobre. En août, c’est justement lui qui avait été révisé de 0,1 point.

L’écart tient à la santé. L’IPCH la compte nette des remboursements : elle y pèse moins que dans l’IPC. Tous les autres postes y pèsent mécaniquement davantage, l’énergie comprise. Quand l’énergie flambe, l’indice harmonisé monte donc plus vite. L’Insee a détaillé ce mécanisme sur son blog en mars 2022.

L’écart de septembre atteint 0,4 point. Entre 1996 et 2021, il était en moyenne de 0,15 point par an. Celui de septembre fait près de trois fois plus. En décembre 2021, l’Insee relevait 0,6 point : 2,8 % pour l’IPC, 3,4 % pour l’IPCH.

L’IPCH sert aux comparaisons entre pays européens et à la Banque centrale européenne (BCE). C’est l’indice des prévisions d’inflation de la BCE pour la zone euro. Les barèmes d’indexation français décrits ici ne l’utilisent pas : le Livret A, les pensions, les loyers et le Smic partent de l’IPC.

Livret A, pensions, loyers : des moyennes sur six ou douze mois amortissent le choc

Aucun de ces barèmes n’utilise le 3,0 % de septembre. Le Livret A, les pensions et l’indice de référence des loyers (IRL) partent de l’IPC hors tabac. L’IRL retire aussi les loyers. Chacun lisse l’indice sur une période propre, six ou douze mois, et s’applique à sa propre date. Un mois isolé n’y pèse qu’une fraction.

Livret A : un point d’inflation moyenne en plus ne pèse qu’un demi-point dans la formule

La Banque de France calcule le taux chaque semestre. Elle fait la moyenne de deux nombres. Le premier est la moyenne sur six mois de l’IPC hors tabac en glissement annuel. Le second est le taux €STR (euro short-term rate) moyen sur la même période. Elle propose ensuite le résultat au ministre de l’Économie, qui décide.

En juillet 2026, l’inflation hors tabac moyenne de janvier à juin valait 1,52 %, l’€STR moyen 1,95 %. La formule donnait 1,7 %. Le Livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS) sont passés de 1,5 % à 1,7 % au 1ᵉʳ août 2026. Pour le livret d’épargne populaire (LEP), la formule donnait 2,2 %, soit le Livret A plus 0,5 point. Le taux a été maintenu à 2,5 %. Plus de 12 millions de personnes détiennent un LEP, contre 7 millions en 2020.

La prochaine révision tombe au 1ᵉʳ février 2027. Elle portera sur la moyenne de juillet à décembre 2026, et septembre est l’un de ces six mois. L’inflation n’entre que pour moitié dans la formule. Un point d’inflation moyenne en plus sur le semestre ne relève donc le résultat que d’un demi-point. Le taux final reste une décision du ministre : en juillet 2026, le LEP a été fixé au-dessus de sa formule. Le fonctionnement complet est détaillé dans l’article sur les taux de l’épargne réglementée.

Pensions : la moyenne de douze indices contre celle des douze précédents

Les pensions de base sont revalorisées chaque 1ᵉʳ janvier selon l’article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. Le coefficient suit l’évolution de la moyenne annuelle des prix hors tabac. Cette moyenne porte sur les douze derniers indices mensuels publiés par l’Insee l’avant-dernier mois avant la revalorisation, soit novembre pour janvier. Elle se compare à la moyenne des douze indices précédents.

Au 1ᵉʳ janvier 2026, ce coefficient valait 1,009, soit +0,9 %. Il a été fixé par l’instruction interministérielle de la Direction de la sécurité sociale (DSS) du 15 décembre 2025, que reprend la circulaire 2025-29 de l’Assurance retraite (Cnav).

Un choc concentré sur quelques mois se dilue dans douze. Le 3,0 % de septembre n’est donc pas le taux de revalorisation de janvier 2027. Le mécanisme est légal, mais pas garanti : une loi de financement de la sécurité sociale peut y déroger, et cela se décidera à l’automne.

Loyers : l’IRL du trimestre inscrit au bail, une fois par an

La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, en son article 17-1, encadre la révision du loyer d’un bail d’habitation. L’IRL y correspond à la moyenne sur douze mois de l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. L’Insee le publie chaque trimestre. La rédaction en vigueur de cet article se vérifie sur Légifrance.

Un loyer ne se révise que si le bail contient une clause de révision. La révision a lieu une fois par an, dans la limite de la variation de l’IRL du trimestre de référence inscrit au bail. Septembre n’entrera que dans l’IRL du troisième trimestre 2026, attendu en octobre ; la date exacte se vérifie sur le calendrier de publication de l’Insee. Une hausse de 3 % des loyers n’en découle pas : l’IRL lisse sur douze mois et exclut les loyers eux-mêmes.

Le Smic suit l’inflation des ménages modestes, plus forte que la moyenne quand l’énergie flambe

Le Smic ne lit pas l’IPC d’ensemble. Il suit l’indice des prix hors tabac des ménages du premier quintile, les 20 % aux revenus les plus faibles. Quand l’énergie flambe, cet indice monte plus vite que la moyenne. En août, il progressait de 2,8 % sur un an, contre 2,3 % pour l’IPC hors tabac.

Deux règles du code du travail, aux articles L3231-2 et suivants, organisent sa revalorisation, selon la fiche Smic de service-public.fr :

  • chaque 1ᵉʳ janvier, le Smic suit l’inflation de ces ménages, augmentée de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés ;
  • en cours d’année, il augmente automatiquement dès que l’indice progresse d’au moins 2 % par rapport à l’indice constaté lors du dernier relèvement.

La seconde règle a joué cette année. Le seuil a été franchi le 13 mai 2026. Le Smic a été relevé de 2,41 % au 1ᵉʳ juin 2026, de 12,02 € à 12,31 € brut de l’heure. Cela fait 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures.

Ce relèvement a remis le compteur à zéro. Il faut de nouveau 2 % de hausse depuis l’indice constaté lors du relèvement de juin, et non 2 % sur un an. Une inflation à 3 % sur un an ne déclenche donc pas à elle seule un nouveau relèvement. Aucune date ne peut en être tirée aujourd’hui.

Le 15 octobre, l’Insee publiera l’indice hors tabac et celui du premier quintile de septembre

Trois rendez-vous permettent de mesurer ce que septembre change pour vous, sans prévision :

  • 15 octobre 2026, 8 h 45 : résultats définitifs de septembre, avec l’IPC hors tabac, qui compte pour le Livret A et les pensions, et l’indice du premier quintile, qui compte pour le Smic ;
  • octobre 2026 : IRL du troisième trimestre, le premier à intégrer septembre ;
  • mi-janvier 2027 : proposition des taux de l’épargne réglementée applicables au 1ᵉʳ février 2027.

Si le définitif est paru quand vous lisez ces lignes, c’est lui qui fait foi. Le 3,0 % du 30 septembre n’en sera plus que l’estimation.

Questions fréquentes

Le chiffre de 3 % d’inflation en septembre 2026 est-il définitif ?

Non. L’Insee a publié le 30 septembre 2026 une estimation provisoire de fin de mois : +3,0 % sur un an. Les résultats définitifs paraissent le 15 octobre 2026 à 8 h 45. En août, l’IPC provisoire avait été confirmé et l’IPCH corrigé de 0,1 point : une révision se compte en dixièmes de point.

Pourquoi l’IPCH est-il à 3,4 % quand l’IPC est à 3,0 % ?

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) compte la santé nette des remboursements. Les autres postes, dont l’énergie, y pèsent donc davantage. Quand l’énergie flambe, l’écart se creuse : 0,4 point en septembre 2026, contre 0,15 point en moyenne entre 1996 et 2021. L’IPCH sert aux comparaisons européennes ; le Livret A, les pensions, les loyers et le Smic partent de l’IPC.

Le taux du Livret A va-t-il suivre l’inflation de 3 % ?

Le taux ne suit pas l’inflation d’un mois, ni le 3,0 % provisoire de septembre. La formule fait la moyenne entre l’inflation hors tabac moyenne sur six mois et le taux €STR moyen : un point d’inflation en plus ne pèse qu’un demi-point. La révision du 1ᵉʳ février 2027 portera sur juillet à décembre 2026, et le ministre de l’Économie décide sur proposition de la Banque de France. Le Livret A est à 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026.

Ma pension de retraite augmentera-t-elle de 3 % en janvier 2027 ?

Le 3,0 % provisoire de septembre n’est pas le taux de revalorisation. Selon l’article L. 161-25 du code de la sécurité sociale, les pensions de base suivent au 1ᵉʳ janvier la moyenne sur douze mois des prix hors tabac, ce qui dilue un choc de quelques mois. Le mécanisme n’est pas garanti : une loi de financement de la sécurité sociale peut y déroger. Au 1ᵉʳ janvier 2026, la revalorisation était de 0,9 %.

L’inflation à 3 % déclenche-t-elle une hausse automatique du Smic ?

Pas d’office, et le 3,0 % de septembre reste provisoire. La revalorisation automatique en cours d’année exige une hausse d’au moins 2 % de l’indice des ménages les plus modestes depuis le dernier relèvement, celui du 1ᵉʳ juin 2026, et non sur un an. Le Smic est à 12,31 € brut de l’heure depuis cette date.