Si votre contrat de gaz suit le prix repère, votre kWh augmente au 1ᵉʳ octobre 2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a fixé le prix repère de vente de gaz (PRVG) à 182,88 €/MWh TTC en moyenne pour octobre. Il valait 172,05 €/MWh en septembre. La CRE a publié cette hausse de 6,3 % le 10 septembre.
Un contrat à prix fixe n’est pas touché par cette variation. C’était le cas d’environ 40 % des clients résidentiels du gaz à fin 2025. Pour les offres indexées, la CRE estime le surcoût moyen à 5,28 € TTC sur la facture d’octobre, un mois où l’on chauffe peu. Tout se joue sur deux informations de votre contrat : le type de prix et la référence qu’il suit.
182,88 €/MWh est un étalon calculé par la CRE, pas un tarif que l’on paie
Personne ne paie 182,88 €/MWh. Le prix repère est une estimation : la CRE y reconstitue les coûts moyens que supporte un fournisseur pour alimenter un client résidentiel en gaz. Elle le publie chaque mois, pour le mois suivant.
L’indicateur a pris la suite des tarifs réglementés de vente de gaz, supprimés au 30 juin 2023. Il tient la place de l’ancien tarif sans en avoir la portée, puisque les fournisseurs construisent librement leurs offres. La CRE fixe son statut en une phrase, dans son communiqué du 10 septembre : « Il ne s’agit donc pas d’une offre commerciale à laquelle le consommateur peut souscrire ».
Le chiffre n’atteint donc votre facture que par un détour : votre contrat. Certaines offres de fournisseurs sont indexées sur le prix repère. C’est pour elles seules que les 6,3 % deviennent une hausse. Environ 40 % des consommateurs résidentiels avaient souscrit un prix fixe à fin 2025, selon la CRE, et la variation d’octobre ne s’applique pas à leur prix du kWh.
Les 60 % restants ne forment pas un bloc. Dans les sources consultées, la CRE ne publie que la part des prix fixes. Rien ne dit combien des autres contrats suivent le prix repère lui-même, et combien suivent une formule propre à leur fournisseur. Le 6,3 % est une hausse de facture pour une partie des ménages, pas pour tous.
Le prix d’octobre enregistre le marché de gros du mois d’août
La hausse que vous payez en octobre s’est jouée pendant l’été. La CRE l’attribue à la montée des prix sur les marchés du gaz en août, par rapport à juillet. Le prix d’octobre repose sur les cotations relevées en août pour une livraison en octobre.
Ce décalage vient de la construction du prix. Sa composante approvisionnement, qui mesure le coût d’achat du gaz, suit le marché de gros selon une pondération fixe :
- 80 % sur un indice mensuel ;
- 20 % sur un indice trimestriel.
L’indice mensuel est observé sur le mois qui se termine un mois avant la livraison, selon la méthode issue de la délibération de la CRE du 13 avril 2023. D’où l’écart entre le mois de marché et le mois de facture. Le prix de novembre dépend déjà des cotations de septembre.
Le reste du prix bouge plus lentement. L’acheminement couvre les réseaux de distribution et de transport, ainsi que le stockage. Viennent ensuite les coûts commerciaux et les certificats, puis les taxes : contribution tarifaire d’acheminement (CTA), accise et TVA. L’accise sur le gaz naturel est fixée à 16,66 €/MWh en 2026, quel que soit le prix du marché. La TVA est de 20 %.
Cette structure amortit les chocs. Selon la décomposition du comparateur Selectra pour septembre 2026, l’approvisionnement pèse 31,8 % du prix dans la tranche chauffage et 19,9 % dans la tranche cuisson. Cette répartition est calculée par un comparateur, pas publiée par la CRE. Seule cette part suit le marché chaque mois : une forte hausse du gaz de gros arrive diluée sur le kWh final.
La série de 2026 montre ce rythme mensuel. Selon Service-public.fr, le prix repère a reculé de 0,8 % TTC en août. En septembre, il a pris 5,6 %. Au-delà de la cause retenue par la CRE, UFC-Que Choisir relie ce contexte au conflit au Moyen-Orient et à la crise d’Ormuz, et Hellowatt relève des stocks européens de gaz remplis à 64,7 % fin août.
Le kWh prend 1,08 centime, soit 8 % au chauffage et 6,4 % à la cuisson
Chauffage et cuisson prennent presque le même montant. Le kWh augmente d’environ 1,08 centime TTC dans les deux cas. Le pourcentage diffère parce que le point de départ n’est pas le même.
La grille de la CRE pour octobre, dans la zone de desserte de GRDF, distingue deux usages :
- cuisson et eau chaude : abonnement de 152,46 € par an, kWh à 0,1783 € TTC ;
- chauffage : abonnement de 360,79 € par an, kWh à 0,1456 € TTC.
Les grilles détaillées à cinq décimales, reprises par le comparateur Kelwatt, donnent l’écart exact avec septembre. La tranche B0 couvre jusqu’à 6 000 kWh par an, la tranche B1 de 6 001 à 300 000 kWh.
- Chauffage (B1) : le kWh passe de 0,13474 € à 0,14558 € TTC, soit +1,084 centime et +8,0 %.
- Cuisson et eau chaude (B0) : le kWh passe de 0,16758 € à 0,17833 € TTC, soit +1,075 centime et +6,4 %.
Le même centime pèse moins sur un kWh plus cher. Le kWh de cuisson est le plus cher des deux parce qu’il porte davantage de coûts de réseau par kWh. Dans la décomposition de septembre, le réseau de distribution représente 32,1 % de son prix, contre 18,3 % pour le chauffage. Additionnés, ses postes CTA, accise et TVA représentent environ 26,5 % du prix côté cuisson et 29,4 % côté chauffage.
Les ménages chauffés au gaz ne sont donc pas visés par une hausse spécifique. Leur pourcentage est plus élevé par un effet d’assiette. L’approvisionnement, la part qui a augmenté, occupe une place plus grande dans leur kWh : 31,8 % contre 19,9 %.
Ces valeurs sont celles de la zone GRDF. La CRE indique des fourchettes géographiques et présente sa grille comme indicative : 0,1456 € n’est pas le prix du kWh de chauffage dans toutes les communes.
Sur une année entière, l’abonnement dilue encore la hausse, car il ne change pas entre septembre et octobre. Le calcul de Hellowatt sur trois profils le montre : plus la consommation annuelle est forte, plus la facture suit le pourcentage du kWh. Votre consommation annuelle figure parmi les mentions obligatoires d’une facture de gaz, ce qui permet de situer votre cas.
| Consommation annuelle | Usage | Au prix de septembre | Au prix d’octobre | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 500 kWh | Cuisson seule | 236 € | 242 € | +6 € (+2,3 %) |
| 3 000 kWh | Cuisson et eau chaude | 655 € | 687 € | +32 € (+4,9 %) |
| 13 000 kWh | Chauffage | 2 112 € | 2 253 € | +141 € (+6,7 %) |
Le dernier montant se retrouve à partir de la grille de la CRE. Un abonnement de 360,79 € et 13 000 kWh à 0,14558 € donnent 2 253 €.

5,28 € sur le mois d’octobre, 141 € si le tarif d’octobre durait un an
Les deux chiffres sont exacts et ne mesurent pas la même chose. Aucun des deux ne dit ce que l’hiver vous coûtera de plus.
Les 5,28 € TTC de la CRE portent sur la seule facture d’octobre d’un client à offre indexée, en moyenne. Octobre est un mois où l’on chauffe peu. Le prix moyen augmente de 10,83 €/MWh entre septembre et octobre. Rapportés à cet écart, les 5,28 € correspondent à une consommation d’octobre de l’ordre de 490 kWh.
Ce rapprochement est un calcul de Parlorama, qui donne un ordre de grandeur. La CRE ne publie pas cette hypothèse de consommation. Il sert à une chose : montrer que les 5,28 € décrivent un mois léger.
Multiplier ces 5,28 € par douze n’aurait pas de sens. Octobre n’est pas un mois type, et le prix repère sera recalculé dès novembre.
Les 141 € du profil chauffage partent de l’hypothèse inverse. Ils supposent 13 000 kWh consommés sur douze mois au prix d’octobre, comme si ce prix restait figé un an. Le mécanisme mensuel exclut ce cas : le prix de novembre sera calculé sur les cotations de septembre. Les 141 € mesurent l’écart entre deux grilles appliquées à une année, pas la hausse attendue sur l’année.
Aucun des deux chiffres ne s’extrapole à partir de l’autre. Le premier est une estimation moyenne de la CRE sur un mois, le second un calcul d’échelle sur un profil.
Depuis janvier, +34 % sur le prix moyen et près de 48 % sur le kWh de chauffage
La hausse cumulée depuis le début de l’année dépend de ce que l’on compare. Deux calculs se refont à partir des valeurs publiées, et ils ne donnent pas le même résultat.
Le premier porte sur le prix moyen, qui intègre l’abonnement et le prix du kWh. Il valait 136,88 €/MWh TTC en janvier 2026, selon le médiateur national de l’énergie. Il atteint 182,88 €/MWh en octobre. La progression est de 33,6 %.
Le second porte sur le seul kWh de chauffage. Il est passé de 0,09857 € TTC en janvier à 0,14558 € en octobre, soit +47,7 %. L’abonnement n’entre pas dans ce calcul.
Pour un ménage chauffé au gaz, c’est le second chiffre qui se rapproche de ce qu’il paie en plus pour chaque kWh. Le prix repère d’octobre est aussi le plus élevé depuis la création de l’indicateur en 2023, d’après le comparateur JeChange.
La CRE fournit l’échelle annuelle. Elle estime qu’un client indexé paiera en 2026 une facture supérieure d’environ 10 % à celle de 2025. Cela représente près de 120 € TTC de plus. Ce montant couvre l’année civile, pas le seul mois d’octobre.
Un contrat à prix fixe neutralise la hausse jusqu’à son échéance
Un prix fixe vous met à l’abri de la hausse d’octobre jusqu’à l’échéance du contrat, pas au-delà. Environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz avaient choisi cette formule à fin 2025, selon la CRE. La variation mensuelle du prix repère ne les concerne pas.
Le contrat à prix fixe bloque le prix du kWh pour sa durée. Selon les contrats, les taxes et l’acheminement peuvent rester hors de ce blocage. Le texte de l’offre dit ce qui est figé.
La protection s’arrête à l’échéance. Un renouvellement se fait à un prix fixé à ce moment-là, sur des marchés qui peuvent être devenus plus chers. La date de fin du contrat devient l’information utile, davantage que la hausse d’octobre.
Côté offres indexées, « indexé » ne veut pas dire « égal au prix repère ». Les fournisseurs construisent librement leurs offres. Une indexation peut suivre le prix repère, éventuellement avec une remise, ou une autre formule choisie par le fournisseur. La hausse se transmet selon la formule écrite au contrat, pas mécaniquement à hauteur de 6,3 %.
Pour une offre présentée comme une remise sur le prix repère, les sources consultées ne détaillent pas comment la hausse se répercute. C’est la clause de prix du contrat qui le fixe.
Le médiateur national de l’énergie présente l’indexation sur le prix repère comme moins risquée que les autres formules d’indexation. Une offre indexée sur une autre référence peut évoluer autrement en octobre. Le chiffre de la CRE ne décrit pas son cas.
Le contrat indique sur quelle référence le prix est indexé
Votre situation se lit dans vos documents contractuels, pas dans le communiqué de la CRE. Les conditions particulières ou la fiche descriptive de l’offre sont l’endroit où chercher si le prix est fixe, avec sa durée, ou indexé, et sur quelle référence. Les sources consultées ne permettent pas d’affirmer que cette mention y figure toujours sous une forme imposée.
Trois lectures en découlent :
- prix fixe : la hausse d’octobre ne s’applique pas jusqu’à l’échéance indiquée ;
- prix indexé sur le prix repère : le kWh suit la grille de la CRE, selon la formule du contrat ;
- prix indexé sur une autre référence : le chiffre de 6,3 % ne décrit pas votre situation.
Le comparateur du médiateur national de l’énergie, sur energie-info.fr, permet ensuite de situer son offre par rapport aux autres. Service-public.fr y renvoie. Il rappelle aussi, en citant la CRE, que le fournisseur a un devoir d’information et de conseil envers son client. Service-public.fr indique le numéro du médiateur : 0 800 112 212.
Pour un client indexé, les sources consultées n’annoncent aucun courrier un mois avant chaque variation mensuelle. L’article L224-10 du code de la consommation oblige le fournisseur à communiquer tout projet de modification des conditions contractuelles au moins un mois avant sa date d’application. L’obligation vaut aussi pour les modalités de détermination du prix.
Ce délai vise un changement du contrat, par exemple de sa formule de prix. L’application mensuelle d’une indexation déjà prévue au contrat n’est pas présentée, dans les sources lues, comme une modification ouvrant ce préavis. Le médiateur a proposé en avril 2025 de porter le délai d’information à deux ou trois mois.
La valeur de novembre, fondée sur les cotations de septembre, dira si la série continue
Le prix repère d’octobre ne dit rien de l’hiver. Celui de novembre reposera sur les cotations de septembre. La CRE le publiera courant octobre, comme elle publie chaque mois la valeur du mois suivant.
Pour un client indexé, c’est la seule donnée qui dira si la série de hausses se prolonge. Pour un client à prix fixe, la date à noter est celle de l’échéance de son contrat. Dans les deux cas, la réponse tient dans deux documents : la prochaine publication mensuelle de la CRE et votre propre contrat.
Questions fréquentes
De combien augmente le prix repère du gaz au 1ᵉʳ octobre 2026 ?
Le prix repère de vente de gaz passe à 182,88 €/MWh TTC en moyenne au 1ᵉʳ octobre 2026, contre 172,05 €/MWh en septembre, soit +6,3 %. Ce n’est pas une offre à laquelle on peut souscrire. La hausse ne touche que les contrats dont le prix est indexé sur ce repère.
Un contrat de gaz à prix fixe augmente-t-il en octobre ?
La variation mensuelle du prix repère ne s’applique pas à un contrat à prix fixe : il bloque le prix du kWh pendant sa durée, parfois hors taxes et acheminement selon les contrats. Environ 40 % des clients résidentiels étaient à prix fixe fin 2025, selon la CRE. La protection prend fin à l’échéance du contrat.
Combien coûte la hausse d’octobre sur une facture de gaz indexée ?
La CRE estime la hausse moyenne à 5,28 € TTC sur la facture d’octobre d’un client à offre indexée. Au kWh, dans la zone de desserte de GRDF, la hausse atteint environ 1,08 centime : +8 % pour le chauffage, +6,4 % pour la cuisson. Ces 5,28 € portent sur un seul mois et ne se multiplient pas par douze.
Une offre indexée suit-elle forcément la hausse de 6,3 % ?
Non. Une offre peut suivre le prix repère, avec ou sans remise, ou une autre formule choisie par le fournisseur. La hausse se transmet selon la formule écrite au contrat. Dans les sources consultées, l’application d’une indexation déjà prévue n’est pas présentée comme une modification soumise au préavis d’un mois de l’article L224-10 du code de la consommation.
Où vérifier le type de prix de son contrat de gaz ?
Les conditions particulières ou la fiche descriptive de l’offre sont les documents où chercher si le prix est fixe, avec sa durée, ou indexé, et sur quelle référence. Le comparateur du médiateur national de l’énergie, sur energie-info.fr, permet ensuite de situer son offre par rapport aux autres.