Le 1ᵉʳ septembre 2026, un nouveau calendrier de départ entre en application. Il ne découle pas de la réforme de 2023, mais de l’article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui décale d’un trimestre le calendrier de relèvement de l’âge légal et de la durée d’assurance pour la retraite des générations 1964 à 1968. La réforme de 2023 n’est pas abrogée pour autant : les 64 ans demeurent, mais à partir de la génération 1969 au lieu de 1968. Un point commande tout et reste peu expliqué : ce calendrier s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, et non aux personnes selon leur seule année de naissance. Le tableau ci-dessous récapitule les valeurs, génération par génération. Seul votre relevé de carrière permet ensuite de vérifier votre propre situation.

Ce qui change vraiment au 1ᵉʳ septembre 2026

Une loi de décembre 2025, pas un palier du calendrier de 2023

Le changement du 1ᵉʳ septembre vient d’un texte postérieur à la réforme de 2023 : l’article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, publiée au Journal officiel du 31 décembre. Il a réécrit, avec effet au 31 décembre 2025, deux articles du code de la sécurité sociale : l’article L. 161-17-2 (âge légal) et l’article L. 161-17-3 (durée d’assurance). La Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) le formule ainsi dans sa circulaire 2026-07 du 5 mars 2026 : « L’article 105 de la loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, décale, pour certaines générations, le calendrier de l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite et de la durée d’assurance initialement prévu par la loi de financement rectificative de sécurité sociale pour 2023. »

Conséquence rarement relevée : les deux paramètres n’évoluent pas ensemble. Les générations 1966, 1967 et 1968 voient leur âge légal abaissé d’un trimestre, mais conservent 172 trimestres.

Le changement tient en un mot : « 1968 » est devenu « 1969 »

La réforme de 2023 — loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 et ses décrets du 3 juin 2023 — n’est pas abrogée. Au premier alinéa de l’article L. 161-17-2, une seule année a changé : « 1968 » est devenu « 1969 ». La Cnav l’écrit sans détour : « L’âge cible de 64 ans s’applique à compter de la génération 1969 (au lieu de 1968). » Le texte raisonne d’ailleurs par tranches de dates de naissance, non par années pleines : « 3° Soixante-deux ans et neuf mois, pour les assurés nés entre le 1ᵉʳ janvier 1963 et le 31 mars 1965 ; ».

La date d’entrée en vigueur figure au VI de l’article 105 : « Le présent article s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, à l’exception du IV, qui s’applique aux pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ mars 2026. » L’exception vise Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux décrets du 7 mai 2026, publiés au Journal officiel du 8 mai, ont pris le relais : le décret n° 2026-344 (CNRACL et fonds des ouvriers de l’État) et le décret n° 2026-345 (carrières longues et Mayotte), auxquels renvoie la réponse à la question écrite n° 15271 du 30 juin 2026. Le Conseil constitutionnel a validé le dispositif par la décision n° 2025-899 DC du 30 décembre 2025, ne censurant comme cavalier social que le VII de l’article 105, une demande de rapport sur les pensions à Mayotte.

« Suspension », « gel », « décalage » : un seul mot est exact

Le vocabulaire varie selon les émetteurs. La Cnav écrit que la loi « décale » le calendrier. L’Agirc-Arrco, le 16 janvier 2026, parle d’un ralentissement de la montée en charge pour les générations 1964 à 1968 : elle n’emploie pas le mot « suspension ». La presse dit « suspension » ou « gel » ; un site spécialisé rappelait en mars 2026 qu’une suspension ne vaut pas abrogation. Le terme juridiquement exact reste le premier. Écrire que la réforme des retraites est annulée est faux : service-public.gouv.fr précisait dès le 27 février 2026 que l’âge de 64 ans ne concerne plus les personnes nées en 1968, mais celles nées à partir de 1969.

Retraite des générations 1964 à 1968 : le tableau ligne par ligne

Deux nombres décident d’un départ à la retraite : l’âge légal, qui ouvre le droit, et la durée d’assurance exigée pour le taux plein, exprimée en trimestres. Le tableau ci-dessous donne les deux, pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, d’après les articles L. 161-17-2 et L. 161-17-3 du code de la sécurité sociale et la circulaire Cnav 2026-07, recoupés avec lassuranceretraite.fr et service-public.gouv.fr.

Âge légal et durée d’assurance pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026
Naissance Âge légal Trimestres Taux plein auto. Rappel réforme 2023
196362 ans 9 mois17067 ansinchangé
196462 ans 9 mois17067 ans63 ans / 171
1ᵉʳ janv. - 31 mars 196562 ans 9 mois17067 ans63 ans 3 mois / 172
1ᵉʳ avr. - 31 déc. 196563 ans17167 ans63 ans 3 mois / 172
196663 ans 3 mois17267 ans63 ans 6 mois / 172
196763 ans 6 mois17267 ans63 ans 9 mois / 172
196863 ans 9 mois17267 ans64 ans / 172
À partir de 196964 ans17267 ans64 ans / 172

La dernière colonne est un rappel comparatif, reconstitué à partir de la règle énoncée par la Cnav pour la réforme de 2023 : relèvement de trois mois par génération pour les personnes nées du 1ᵉʳ septembre 1961 au 31 décembre 1967, 64 ans à compter de 1968, durée portée à 172 trimestres dès 1965. Un point de comparaison, donc, et non la reproduction d’un tableau officiel.

La génération 1965 est la seule coupée en deux, au 1ᵉʳ avril. Les personnes nées au premier trimestre relèvent de 62 ans et 9 mois et de 170 trimestres ; les suivantes, de 63 ans et de 171 trimestres. Le gain par rapport au calendrier de 2023 est donc de six mois d’un côté et de trois mois de l’autre — écart signalé dès le 31 décembre 2025 par la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL).

67 ans : l’âge du taux plein automatique ne bouge pas

C’est l’omission la plus fréquente des articles consacrés au sujet, et service-public.gouv.fr lui-même ne mentionne pas ce repère dans son actualité du 27 février 2026. La circulaire Cnav 2026-07 est pourtant explicite : « Ainsi l’âge du taux plein est maintenu à 67 ans pour les assurés nés à compter du 1ᵉʳ septembre 1961. » Aucune des générations 1964 à 1968 ne voit ce seuil bouger.

Trois âges se superposent, et les confondre coûte cher. L’âge légal ouvre simplement le droit à demander sa pension. Le taux plein par la durée s’obtient en réunissant les trimestres exigés pour sa génération, souvent avant 67 ans. Le taux plein automatique, à 67 ans, annule la décote quelle que soit la durée d’assurance accomplie. Le décalage du calendrier joue sur les deux premiers, pas sur le troisième. La décote sanctionne les trimestres manquants ; la surcote, à l’inverse, majore la pension des trimestres accomplis au-delà.

Il en découle un effet indirect que l’on lit rarement : l’écart maximal entre l’âge légal et 67 ans se réduisant d’une génération à l’autre, le taux minimum de la pension de base remonte mécaniquement. Selon l’annexe 3 de la circulaire Cnav 2026-07, ce plancher s’établit à 39,375 % pour les générations 1963, 1964 et le premier trimestre 1965, à 41,875 % pour 1968 et à 42,5 % pour 1969, la minoration étant de 1,25 % par trimestre manquant, soit 0,625 point de taux.

La date qui compte n’est pas votre date de naissance

C’est le point le plus mal compris du dossier. Le critère retenu par la loi n’est ni la seule date de naissance, ni la date de la demande : c’est la date de prise d’effet de la pension, son point de départ. Une pension prenant effet le 1ᵉʳ août 2026 relève des anciens paramètres ; la même, au 1ᵉʳ septembre, des nouveaux.

La Cnav l’écrit noir sur blanc : « La durée de 171 trimestres pour les assurés nés en 1964 et celle de 172 trimestres pour les assurés nés en 1965 reste opposable aux assurés prenant leur retraite avant le 1ᵉʳ septembre 2026. » Le point de départ possible est le premier jour du mois suivant celui où l’âge requis est atteint. Ses exemples l’illustrent : née le 16 mai 1964, une personne atteint 62 ans et 9 mois le 16 février 2027, pour un effet possible au 1ᵉʳ mars 2027 et 170 trimestres ; née le 8 juillet 1965, elle atteint 63 ans le 8 juillet 2028, pour un effet au 1ᵉʳ août 2028 et 171 trimestres.

La preuve la plus nette vient des régimes complémentaires : la circulaire Agirc-Arrco du 16 janvier 2026 publie ses barèmes en deux jeux de tables, l’un pour les liquidations prenant effet avant le 1ᵉʳ septembre 2026, l’autre à compter de cette date, avec des tables distinctes pour 1965 avant et après le 1ᵉʳ avril. Son exemple : née en janvier 1964, une personne peut partir à compter du 1ᵉʳ octobre 2026, ayant alors atteint 62 ans et 9 mois.

Dans les faits, seules la génération 1964 et le premier trimestre 1965 constatent un effet immédiat, sur les départs de 2026 et 2027. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) écrivait le 30 janvier 2026 : « Concrètement, la LFSS 2026 gèle temporairement la montée en charge de la réforme 2023 pour les générations nées entre 1964 et 1968. » Il précise aussitôt : « Pour les cohortes plus jeunes (fin 1965 à 1968), la suspension ne produit pas d’effet visible à court terme, car elles n’atteignent pas l’âge légal pendant la période de gel. » Leur avance existe, mais ne se constatera qu’à leur âge de départ.

Salariés, fonctionnaires, indépendants : qui relève de quoi

Le périmètre des textes est large : régime général — salariés et travailleurs indépendants —, régimes alignés, fonction publique, fonds des ouvriers de l’État (FSPOEIE), professions libérales, avocats, salariés et non-salariés agricoles, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon. Le décalage n’est pas réservé au secteur privé.

Une soirée au bord de la mer

Fonction publique : mêmes bornes pour les sédentaires

Pour les agents dits sédentaires, les bornes sont celles du régime général : même âge légal, même durée d’assurance tous régimes, mêmes trimestres de services et bonifications. Le calcul de la pension n’est pas modifié. La CNRACL, caisse des agents territoriaux et hospitaliers, l’indiquait le 2 mars 2026 : « La suspension de la réforme n’a aucune incidence sur les règles de calcul de la pension CNRACL. »

Les catégories actives obéissent à un calendrier décalé de cinq ans sur celui des sédentaires — dix ans pour les super-actives —, l’âge cible de 59 ans passant de la génération 1973 à 1974. Autrement dit, un agent de catégorie active né en 1964 n’est pas dans la situation d’un sédentaire né en 1964 : il n’est pas concerné par le 1ᵉʳ septembre 2026. Sur leurs durées d’assurance, une réserve s’impose : le décret n° 2026-344 et la page de la CNRACL ne font pas démarrer les tranches à la même génération. Aucune durée n’est donc reprise ici, et la CNRACL reste seule à pouvoir confirmer celle qui s’applique à un dossier.

Carrières longues : la logique s’inverse

Sur les quatre bornes du départ anticipé pour carrière longue, trois ne bougent pas : début d’activité avant 16 ans, départ à 58 ans ; avant 18 ans, 60 ans ; avant 21 ans, 63 ans. Seule la borne « avant 20 ans » est retouchée, et à rebours du droit commun.

Carrière longue, borne « début d’activité avant 20 ans » : avant et après la loi du 30 décembre 2025
Naissance Âge avant Âge après Durée cotisée avant Durée cotisée après
196460 ans 6 mois60 ans 6 mois171170
1ᵉʳ janv. - 31 mars 196560 ans 9 mois60 ans 9 mois172170
1ᵉʳ avr. - 30 nov. 196560 ans 9 mois60 ans 9 mois172171
Décembre 196560 ans 9 mois60 ans 8 mois172171
196661 ans60 ans 9 mois172172
196761 ans 3 mois61 ans172172
196861 ans 6 mois61 ans 3 mois172172
196961 ans 9 mois61 ans 6 mois172172
197062 ans61 ans 9 mois172172

Le contraste est net : la génération 1964 et le premier trimestre 1965 ne gagnent aucun mois d’âge, seulement une durée cotisée abaissée, tandis que 1966 à 1970 gagnent trois mois d’âge sans gagner un seul trimestre. À partir de 1971, rien ne change : 62 ans et 172 trimestres. Pour les personnes nées du 1ᵉʳ janvier 1966 au 31 décembre 1969, la Cnav retient, dans sa circulaire 2026-17 du 12 juin 2026, un âge égal à l’âge légal diminué de deux ans et six mois et une durée cotisée égale à celle du taux plein de la génération, sans la majoration de huit trimestres qui existait auparavant. Une ligne fait exception, sans justification technique publiée : décembre 1965, à 60 ans et 8 mois.

Complémentaires : aucun calendrier propre

L’Agirc-Arrco n’a pas de calendrier autonome : le régime renvoie à l’âge légal et au taux plein du régime de base, et sa circulaire 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026 a refondu ses coefficients pour les générations nées à partir de 1964. Le taux plein de base ouvre la complémentaire au même âge et sans abattement définitif. Deux nuances : la minoration en cas de départ dès 57 ans est définitive, et la retraite progressive fait exception. L’Ircantec, le RAFP, la CNBF et la CNAVPL relèvent du même mécanisme de renvoi : la loi de financement pour 2026 ne comporte aucune disposition propre à ces régimes, comme l’Ircantec et le RAFP l’ont indiqué le 13 février 2026.

Une confusion est ici facile à commettre. Le « malus » Agirc-Arrco de 10 % pendant trois ans n’a rien à voir avec ce dossier : supprimé par l’accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023, il ne s’applique plus aux liquidations prenant effet à compter du 1ᵉʳ décembre 2023, et le prélèvement a cessé au 1ᵉʳ avril 2024 sur les pensions déjà minorées.

Reste à dire qui n’est pas concerné : les personnes nées avant 1963 ou à partir de 1969, les agents de catégorie active nés dans les années 1960, et surtout toutes celles dont la pension prend effet avant le 1ᵉʳ septembre 2026, quelle que soit leur année de naissance.

Les autres mesures du 1ᵉʳ septembre, et celles qui ne le sont pas

Deux mesures distinctes portent la même date. La première comptabilise des trimestres liés aux enfants pour l’accès à la carrière longue, dans la limite annoncée de deux par enfant ; son décret était encore annoncé comme à paraître le 24 juin 2026 et n’avait pas été publié au Journal officiel au 12 août 2026. La seconde accorde un trimestre de bonification par enfant aux femmes fonctionnaires ou ouvrières de l’État ayant accouché après le 1ᵉʳ janvier 2004.

Une mesure souvent rattachée à tort au 1ᵉʳ septembre n’en relève pas : la refonte du cumul emploi-retraite vaut pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Les paramètres annoncés — seuil de 7 000 € de revenus d’activité par an entre l’âge légal et 67 ans, écrêtement de 50 % au-delà, cumul intégral à 67 ans — sont présentés comme fixés par décret, mais aucun texte d’application n’était identifié au 12 août 2026. Les pensions sont par ailleurs soumises au prélèvement à la source, avec le taux de prélèvement à la source qui s’applique en septembre 2026.

Le financement, enfin. Le ministère du Travail et des Solidarités indiquait en décembre 2025 que la mesure serait gagée par une moindre revalorisation des pensions en 2027 et par une contribution plus élevée des complémentaires santé. Or ce paramètre n’est pas discrétionnaire : la revalorisation des pensions suit l’inflation mesurée sur une période de référence, et un coup de frein pèse sur tous les retraités, pas seulement sur les générations visées. Le coût, lui, n’est pas stabilisé : les estimations qui circulent vont de 300 à 400 millions d’euros pour 2026 et de 1,8 à 1,9 milliard d’euros pour 2027, l’écart tenant aux révisions du texte en navette. Aucune ne provient d’un document budgétaire : c’est une fourchette, pas un chiffre.

Et après ? Ce que l’horizon 2028 veut dire

Presque tous les relais écrivent « suspension jusqu’en janvier 2028 ». Les articles codifiés, eux, ne portent aucune date de fin. Cette échéance décrit en réalité la fenêtre pendant laquelle l’âge de 62 ans et 9 mois continue de s’appliquer : la dernière personne concernée, née le 31 mars 1965, atteint cet âge fin décembre 2027, pour un point de départ possible au 1ᵉʳ janvier 2028. Passé cette date, personne n’entre plus dans cette borne.

Le décalage, lui, est définitif. Les 64 ans ne disparaissent pas : ils s’appliqueront à la génération 1969, soit en 2033 au lieu de 2032. C’est une translation d’un trimestre de l’ensemble du calendrier, pas une parenthèse refermée.

Sur les effets, l’OFCE parle d’un rattrapage plutôt que d’un effacement. Sa note du 30 janvier 2026 avance : « À l’horizon 2030, la suspension réduit la population active d’environ 88 000 personnes par rapport à ce qu’elle aurait été avec la seule réforme de 2023. » L’effet de 2026 y est chiffré à +69 milliers d’actifs contre +103 milliers sans la mesure, avant annulation dès 2027, l’impact de long terme étant qualifié de quasi nul. Ce sont des modélisations, pas des statistiques constatées.

Côté effectifs, l’Assurance retraite estimait en février 2026 que la mesure bénéficierait à 2,2 millions de personnes, dont près de 1,2 million qui anticiperaient leur départ d’environ trois mois en moyenne — une estimation de caisse, connue par un relais de presse et non publiée telle quelle. Enfin, une conférence « Travail Emploi Retraites » a été lancée le 5 décembre 2025 au Conseil économique, social et environnemental, pour environ sept mois de travaux et sans le Medef, ses conclusions étant destinées au débat de 2027.

Où vérifier votre situation

Aucun tableau, y compris celui de cette page, ne remplace un dossier individuel. La première démarche consiste à consulter son relevé de carrière tous régimes sur info-retraite.fr, qui regroupe les services « Vérifier ma carrière », « Simulation retraite », « Prendre ma retraite » et « Carrière longue », et à faire corriger toute anomalie : un trimestre manquant ou mal reporté se répare, mais seulement si on le repère. Les agents territoriaux et hospitaliers disposent du service Ma retraite publique, dont l’outil « Mon estimation retraite » a été mis à jour le 28 janvier 2026.

Une précaution s’impose sur les pages d’information générale : elles ne sont pas toutes à jour. Au 12 août 2026, l’accueil d’info-retraite.fr indiquait encore que l’âge légal est décalé à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968 — exact au regard de la réforme de 2023, périmé depuis décembre 2025 — et une rubrique de l’Ircantec décrivait toujours l’état antérieur du droit. Fiez-vous au simulateur personnalisé, pas à une accroche de page d’accueil.

Trois réflexes avant toute démarche

  • Éditez votre relevé de carrière tous régimes et vérifiez chaque période reportée, régime par régime, avant tout calcul.
  • Simulez sur un service officiel (info-retraite.fr, ou Ma retraite publique pour la fonction publique territoriale et hospitalière), jamais sur un comparateur commercial.
  • Faites confirmer par écrit par votre caisse la date de prise d’effet retenue pour votre pension : c’est elle, et non votre année de naissance seule, qui détermine les paramètres applicables.

Cet article donne une information générale et ne constitue ni un calcul individuel, ni une recommandation de date de départ.

Et ailleurs en Europe ?

Le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss) publie un tableau des âges légaux estampillé « État au 1ᵉʳ juillet 2025 » et consolidé début 2026 à partir de Missoc, la base européenne d’information sur la protection sociale. Nous l’avons consulté le 12 août 2026. Il s’accompagne d’une mise en garde de méthode : « les âges légaux de chaque pays ne sont pas complètement comparables, ou du moins ne suffisent pas à comparer des systèmes de retraite ». Ce n’est donc pas un classement.

Ce que ces données permettent de dire sans se tromper : la France conserve l’un des âges légaux les plus bas relevés — 62 ans et 9 mois de janvier 1963 à mars 1965, jusqu’à 64 ans à partir de 1969 — dans une trajectoire de relèvement quasi générale, mais aux mécanismes très différents. L’Allemagne comme la Belgique atteignent 67 ans dès la génération 1964 ; l’Italie et les Pays-Bas sont à 67 ans, le Danemark à 67 ans puis 68, 69 et 70 ans selon les générations. D’autres pays indexent l’âge sur l’espérance de vie (Danemark, Pays-Bas, Portugal), appliquent encore des âges distincts selon le sexe — 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes en Pologne — ou le conditionnent à la durée cotisée, comme l’Espagne, à 65 ans avec 38 années et 3 mois de cotisations, 66 ans et 8 mois à défaut.

Les chiffres à retenir

  • 62 ans et 9 mois : âge légal des personnes nées de janvier 1963 au 31 mars 1965.
  • 170 trimestres : durée d’assurance exigée pour ces mêmes générations.
  • 67 ans : âge du taux plein automatique, inchangé pour toutes les générations concernées.
  • 1ᵉʳ septembre 2026 : date à partir de laquelle une pension prenant effet relève des nouveaux paramètres.
  • Génération 1969 : première génération concernée par les 64 ans, au lieu de 1968.

L’essentiel en six points

  • La mesure vient de l’article 105 de la loi du 30 décembre 2025, non de la montée en charge de la réforme de 2023.
  • La réforme de 2023 n’est pas abrogée : le calendrier est décalé d’un trimestre, et les 64 ans arrivent à la génération 1969, en 2033.
  • Le déclencheur est la date de prise d’effet de la pension : avant le 1ᵉʳ septembre 2026, les anciens paramètres restent opposables.
  • L’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans pour toutes les personnes nées à compter du 1ᵉʳ septembre 1961.
  • En carrière longue, la logique s’inverse : 1964 et le premier trimestre 1965 gagnent des trimestres mais aucun mois d’âge, 1966 à 1970 gagnent trois mois d’âge mais aucun trimestre.
  • Les agents de catégorie active et les personnes nées à partir de 1969 ne sont pas concernés par ce qui change au 1ᵉʳ septembre 2026.

Ces six repères restent généraux. Seul votre relevé de carrière tous régimes, complété d’une simulation sur un service officiel, établit la date et les conditions applicables à votre situation.

FAQ — retraite des générations 1964 à 1968

À quel âge peut partir à la retraite une personne née en 1964 ?

Pour une pension prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, l’âge légal d’une personne née en 1964 est de 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres exigés pour le taux plein. Avant cette date, 171 trimestres restent opposables. Vérifiez votre relevé de carrière et simulez votre cas sur un service officiel.

Combien de trimestres faut-il pour le taux plein quand on est né en 1965 ?

La génération 1965 est coupée en deux au 1ᵉʳ avril : les personnes nées entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mars relèvent de 170 trimestres et de 62 ans et 9 mois, les suivantes de 171 trimestres et de 63 ans, pour une pension prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026. Faites confirmer votre situation par votre caisse.

La réforme des retraites de 2023 est-elle annulée ?

Non. La loi du 14 avril 2023 reste en vigueur. La loi du 30 décembre 2025 décale son calendrier d’un trimestre pour les générations 1964 à 1968 : les 64 ans s’appliquent désormais à partir de la génération 1969 au lieu de 1968. Votre relevé de carrière reste la seule référence pour votre situation.

Le changement s’applique-t-il selon l’année de naissance ou selon la date de départ ?

Les deux comptent, mais le déclencheur est la date de prise d’effet de la pension. Le nouveau calendrier vaut pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026 ; avant, les anciens paramètres restent opposables. Faites confirmer par écrit par votre caisse la date de prise d’effet retenue.

L’âge du taux plein automatique passe-t-il de 67 à 64 ans ?

Non. L’âge d’obtention automatique du taux plein reste fixé à 67 ans pour tous les assurés nés à compter du 1ᵉʳ septembre 1961, quelle que soit la durée d’assurance accomplie. Il ne se confond ni avec l’âge légal, ni avec le taux plein obtenu par la durée. Vérifiez ces trois repères sur votre simulation officielle.